Le praticien territorial de médecine générale, « gadget de l’été » pour les jeunes du SNJMG

Publié le 26/08/2013
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Crédit photo : S. TOUBON

Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) s’amuse de la parution au « Journal officiel » de plusieurs textes relatifs à la création de 200 contrats de praticiens territoriaux de médecine générale, mesure nouvelle de lutte contre la désertification médicale.

Ce dispositif doit faciliter l’installation des jeunes médecins dans une zone fragile en leur garantissant un revenu mensuel net de 3 640 euros.

Présenté par Marisol Touraine dans son « pacte territoire santé », ce « gadget de l’été made in ministère de la Santé » n’est aux yeux du syndicat qu’un dispositif « conçu pour communiquer dans les médias et amadouer les élus locaux ».

8 consultations par jour

Le SNJMG développe ses arguments – avec plus ou moins de réussite. Le syndicat estime que le seuil de 165 consultations mensuelles (soit huit par jour, cinq jours sur sept), que le médecin s’engage à assurer pour obtenir une rémunération complémentaire, « peut se révéler difficile à atteindre ». « Finalement, ce dispositif exclura précisément ceux qui en auraient le plus besoin », assure le SNJMG.

Il y a un mois, dans un précédent communiqué de presse, le syndicat mettait en lumière l’ineptie du dispositif en rappelant qu’en zone « effectivement sous dotée », « ce quota sera facilement atteint, voire rapidement dépassé »…

Les jeunes généralistes reprochent aussi au contrat sa durée, de deux ans maximum, qui « correspond précisément au décalage dans le paiement des charges ». Au sortir du dispositif, « avec la disparition de complément de recette et l’envolée des charges, la houle risque d’être forte pour le jeune praticien et le cabinet », ironise le SNJMG.

Une protection sociale insuffisante

Enfin, en matière de protection sociale, le contrat confère à son signataire un complément de rémunération forfaitisé versé pendant trois mois, après sept jours de carence. Nullement une avancée historique pour les jeunes médecins.

« Quelle catégorie de travailleurs trouverait mirifique une prise en charge des arrêts de travail à partir du septième jour seulement ? dénoncent-ils. Peut-être les médecins, habitués à leurs 90 jours de carence ! » Quant à la couverture des accidents du travail, « on attendra encore », maugrée le SNJMG. Faute de « réelles mesures » émanant du ministère, le syndicat fera entendre ses propositions à l’automne.

 A.B.-I.

Source : lequotidiendumedecin.fr