Le plan d’austérité touchera la protection sociale

Publié le 28/10/2011
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Crédit photo : © AFP

Le président de la République n’a pas encore détaillé la teneur du plan d’austérité qu’il entend mettre en œuvre mais a d’ores et déjà annoncé jeudi qu’il faudra trouver en 2012 entre « 6 à 8 milliards d’euros » d’économies ou de recettes supplémentaires pour tenir les objectifs de déficit.

Combien dans le secteur de la santé ? Les députés de l’opposition ont interpellé le soir-même Xavier Bertrand lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2012. « Quelles seront les conséquences de la révision de la croissance sur la Sécurité sociale », a demandé la socialiste Marisol Touraine. Yves Bur, rapporteur UMP du budget de la Sécu, a répondu ce vendredi à l’Assemblée : une croissance à 1 %, « c’est un manque à gagner de 1,5 milliard d’euros pour la sphère sociale ».

« C’est considérable ! C’est l’équivalent du plan d’économie de la Sécurité sociale pour 2012 », commente l’économiste de la santé Claude Le Pen. Les mesures sont d’autant plus attendues que les agences de notation ont placé sous observation le triple A de la France. « Mais la solution privilégiée ces dernières années, consistant à creuser le déficit, est exclue aujourd’hui », analyse Claude Le Pen.

Restent donc 2 leviers d’action : maîtriser les dépenses et trouver des recettes complémentaires. Au premier chapitre, « les acteurs jusque-là épargnés dans le PLFSS pour des raisons électoralistes, les médecins et les usagers, pourraient être touchés : si les salaires ne devraient pas être amputés, on oublie toute revalorisation ! », estime l’économiste.

Quant à la recherche de nouvelles recettes, des modifications de la TVA sont déjà évoquées par le gouvernement. Pas question d’en généraliser l’augmentation : « pour une raison assez simple : c’est que ça pèserait sur le pouvoir d’achat des Français et sur la consommation », a tranché Nicolas Sarkozy. François Baroin, ministre de l’Économie, a en revanche confirmé qu’un taux intermédiaire, entre 5,5 et 19,6 %, était envisagé. Le président de la République a par ailleurs déclaré qu’« il faudra sans doute faire participer les importations » au financement de la protection sociale, sous la forme d’une taxation de certains produits issus de pays adeptes du dumping social. L’alourdissement de l’impôt sur les grandes sociétés ou la baisse des indemnités journalières de maladie (calculée non plus sur le salaire brut, mais le net), sont également à l’étude.

Le suspense ne devrait pas durer. Nicolas Sarkozy a promis d’annoncer des mesures précises après le sommet du G20, qui se tiendra à Cannes les 3 et 4 novembre.

 COLINE GARRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr