LE NOUVEAU MINISTRE de la Santé a effectué sa première visite de terrain au lendemain de sa prise de fonction. Il a arpenté les couloirs de deux services hospitaliers de l'AP-HP, au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) : la néphrologie, puis la gériatrie. Auprès des infirmières, il s'enquiert : ont-elles réussi à «absorber» les 35 heures ? La réponse tombe, négative. Philippe Bas ne leur demandera pas, comme l'a fait récemment le candidat Nicolas Sarkozy dans un autre hôpital francilien lors d'une visite de campagne électorale, si elles sont prêtes à travailler plus pour gagner plus. Ce qu'il souhaite comprendre, pour le moment, c'est en quoi consistent précisément les conditions de travail à l'hôpital. Pour l'éclairer, le coordinateur des soins lui explique que Le Kremlin-Bicêtre peine à fidéliser ses infirmières. «Si on n'avait pas ce problème de recrutement, les 35heures seraient vécues différemment», souligne-t-il. Le chef de service de néphrologie, qui n'est autre que le Pr Bernard Charpentier, président de la Conférence des doyens de faculté de médecine, profite de la venue du ministre pour lui parler d'un de ses chevaux de bataille favoris, la création d'un internat interrégionalisé. «Seule une interrégionalisation permettrait une meilleure répartition des médecins sur le territoire», insiste le Pr Charpentier. Présente dans le sillage du ministre, Annie Podeur, la directrice de l'hospitalisation et de l'organisation des soins, approuve d'un hochement de tête.
Philippe Bas réclame un peu de temps : «Permettez-moi d'y réfléchir. Je ne suis ministre que depuis hier!» A deux internes de huitième année croisés dans une salle de réunion, il pose toute une série de questions. «Quand passe-t-on l'internat? A la fin de la 6eannée? Et pourquoi avez-vous choisi ce service, et cette spécialité?»«Parce qu'on manque de néphrologues», se risque Annie Podeur, qui se tient non loin de là. A l'évidence, le nouveau ministre de la Santé semble moins à l'aise sur les dossiers techniques que son prédécesseur, Xavier Bertrand. Ce qui ne l'empêche pas de nourrir certaines ambitions pour la courte durée qui lui est impartie Avenue de Ségur : «Six semaines, c'est suffisant pour être absolument déterminé à poursuivre, mais aussi à entreprendre. Je laisserai une copie propre à ceux qui suivront», a notamment déclaré Philippe Bas, avant de repartir.
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