Le motard de la Nationale 118

Publié le 01/08/2012
motard

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Il y a déjà quelques années, je revenais tranquillement de vacances vers Paris par la Nationale 118, lorsque j'avisai, à quelques centaines de mètres, un véhicule des pompiers en stationnement et, tout près, quelques personnes penchées sur un motard inanimé, allongé dans l’herbe après avoir été éjecté par dessus la glissière de sécurité...

Je me suis aussitôt placé en stationnement derrière eux et les ai interrogés. Ils avaient un peu de matériel de réanimation, notamment de l'oxygène, et aussi des flacons de perfusion, mais, sans aucun médecin du SMUR ou autre, ce matériel ne servait à rien alors que le motard était en collapsus, blessé de surcroît à la cuisse (fracture probable du fémur), et nécessitait un remplissage en urgence.

Veines minuscules dans l'herbe folle

Je n’ai pu faire mieux que de me proposer pour poser la perfusion et peut-être sauver le blessé, mais je ne vous dis pas avec quelles difficultés dans l'herbe folle et sur un terrain en pente, à la recherche d'une veine rendue invisible sous l'effet du collapsus...

Cependant, lors d'un long stage en chirurgie pédiatrique et en bonne coopération avec une excellente réanimatrice, j'avais appris à perfuser dans des veines de nourrisson minuscules, voire introuvables ! Alors, au milieu du vacarme des voitures lancées à grande vitesse et sous l'œil curieux des pompiers, le miracle s'est réalisé, mon aiguille était bien entrée dans une veine, et je n'avais plus qu'à régler le « goutte à goutte » en mode rapide...

Les confrères du SMUR sont enfin arrivés un quart d'heure plus tard, reconnaissants de mon geste opportun. J'espère avoir pu être utile à ce jeune motard en détresse vitale, mais personne ne m'a tenu au courant par la suite (les voies des pompiers sont impénétrables).
 

> Dr Christian ROQUES,  CHAVILLE (92)

Source : lequotidiendumedecin.fr