Le dosage de la vitamine C n'est justifié que pour confirmer un diagnostic de scorbut, rappelle la HAS

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 08/06/2018

Dans un argumentaire sur le dosage de la vitamine C, la Haute Autorité de santé (HAS) indique : « Il semble souhaitable que l’utilisation de ce test se limite à la confirmation diagnostique de scorbut chez les patients présentant des symptômes cliniquement évocateurs d’une carence prolongée en vitamine C. »

En 2016, plus de 40 000 dosages sanguins de la vitamine C ont été déclarés par les établissements de santé français. Pourtant, le scorbut est aujourd'hui très rare et ne permet a priori pas d'expliquer ce chiffre. Partant de ce constat, la HAS s'est autosaisie pour déterminer les situations dans lesquelles cet examen sanguin est prescrit et pour en évaluer l'intérêt.

Le dosage de la HAS n'est pas justifié dans le cadre de bilans nutritionnels

Afin de mieux comprendre le contexte clinique dans lequel les dosages de la vitamine C ont été effectués, la HAS a réalisé une enquête de pratiques auprès de dix établissements ayant déclaré plus de 1 000 dosages en 2016. Si cette enquête a montré une « forte hétérogénéité des services prescripteurs d'un établissement à un autre » et « l'existence de pratiques locales », elle a aussi permis de lister cinq indications principales : bilans nutritionnels pré- et postopératoires de chirurgie bariatrique, de dénutrition, du patient atteint de maladie malabsorptive, du patient sous nutrition artificielle et du patient dialysé, la confirmation du diagnostic de scorbut étant considérée comme une indication acquise.

La HAS s'est appuyée sur les informations fournies par les conseils nationaux professionnels de diverses spécialités et une analyse critique des données de recommandations de bonnes pratiques pour étudier la légitimité de ces indications. Elle estime qu'aucune de ces situations cliniques ne nécessite le recours au dosage de la vitamine C, sauf en cas de symptômes évocateurs d'une carence en vitamine C prolongée – hémorragies diffuses, atteintes gingivales, arthralgies ou encore troubles de la cicatrisation. Seule la présence de ces symptômes peut justifier le recours à cet examen sanguin.

Des surdiagnostics de déficit en vitamine C

Le dosage de la vitamine C est souvent l'objet de surdiagnostics de déficit en vitamine C et de variabilité des résultats d'un laboratoire à l'autre, ce qui limite son intérêt. La HAS estime ainsi que « l’élaboration de recommandations de bonne pratique par les professionnels concernés serait souhaitable afin de standardiser la stratégie diagnostique du scorbut ».

L'agence souligne par ailleurs qu'une supplémentation en vitamine C est généralement adaptée en cas de potentielle carence et ne présente aucun risque aux doses recommandées de 500 mg/jour ou de 1 g/jour. Elle est de plus moins coûteuse que le dosage.

Le dosage de la vitamine C fait partie des actes initialement innovants utilisés en soins courants inscrits sur la liste complémentaire du Référentiel des actes innovants hors nomenclature. À l'issue de cette évaluation, la HAS estime qu'« une inscription à la nomenclature des actes de biologie médicale n’apparaît pas nécessaire pour prendre en charge les patients concernés par une suspicion de diagnostic de scorbut lorsqu’ils sont hospitalisés, ce qui est généralement le cas ».


Source : lequotidiendumedecin.fr