Le cri d’alarme des hépatologues français

Publié le 30/01/2012

« Les maladies du foie, au même titre que les cancers, les maladies cardio-vasculaires, la maladie d’Alzheimer, doivent devenir une grande cause nationale », expliquent les hépatologues. Si la consommation excessive d’alcool qui concerne quelque 6 millions de Français est un facteur indéniable de maladie du foie, on estime à 200 000 et à 300 000 le nombre de personnes infectées respectivement par le VHC et le VHB. Quant à la stéatose hépatique qui s’inscrit dans le cadre plus large du syndrome métabolique, elle est la 3e cause principale de maladie du foie.

Toutes ces maladies ont un commun de passer à la chronicité, de rester longtemps silencieuses et d’évoluer vers la cirrhose, susceptible elle-même de se compliquer d’hépato-carcinome, indication de transplantation hépatique.

4 000 décès par an.

Le Pr Paul Cales, président de l’AFEF et chef de service d’hépato-gastroentérologie du CHU d’Angers, rappelle que « le nombre de décès liés à une maladie alcoolique est de 7 000 par an » et que « les hépatites sont responsables d’environ 4 000 décès par an ».

L’AFEF souhaite donc que les maladies du foie soient érigées en grande cause nationale. L’accès à la prévention (vaccinations) et aux nouveaux traitements des hépatites virales (la trithérapie dans le cas de l’hépatite C) doit, selon l’association, être facilité et encouragé. De même, les coûts liés à la prise en charge des maladies du foie doivent être évalués dans une stratégie coût/efficacité et coût/bénéfice. L’AFEF rappelle que le prix d’une trithérapie pour un malade atteint d’hépatite C est d’environ 40 000 euros tandis que les coûts occasionnés par la prise en charge d’un malade au stade de cirrhose décompensé puis ayant une greffe de foie sont, eux, d’environ 100 000 euros.

Les conduites à risque ne doivent plus être stigmatisées, mais détectées et prises en charge. Toutes les catégories socio-professionnelles sont touchées par la consommation excessive d’alcool, l’obésité ou l’usage de drogues.

 Dr MICHELINE FOURCADE

Source : lequotidiendumedecin.fr