Le Conseil de l’Ordre belge interdit les tests de virginité

Par Elsa Bellanger
Publié le 26/02/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

« C'est un acte médical inutile pour la santé, sans pertinence scientifique et lourd de conséquences potentielles sur le bien-être de la patiente », dénonce le Conseil national de l'Ordre des médecins de Belgique, dans un avis rendu mi-février sur la problématique des tests et des certificats de virginité. L’institution suit ainsi la déclaration de l’OMS, cosignée par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme et ONU-Femmes et publiée en octobre dernier, visant à faire cesser cette pratique, bien distincte de l’examen médico-légal des patients victimes d’agressions sexuelles ou de viols.

Au-delà de l’impossibilité d’établir avec certitude l’absence de rapport sexuel, l’Ordre belge rappelle que la problématique est porteuse d’« aspects déontologiques et éthiques » : « Ces examens sont souvent demandés par des tiers sans considération pour l'intimité personnelle et le droit à la vie privée de la personne concernée », « peuvent être vécus comme une agression » et « entraînent une discrimination entre les femmes et les hommes ».

En France, le Conseil national de l’Ordre (CNOM) a adopté une position similaire en 2003. Il considérait alors que « n’ayant aucune justification médicale et constituant une violation du respect de la personnalité et de l’intimité de la jeune femme (notamment mineure) contrainte par son entourage de s’y soumettre, un tel examen ne relève pas du rôle du médecin ». Les médecins sont invités à refuser l’examen et la rédaction d’un tel certificat.