ELLE EST passionnante, l'exposition de l'Espace de l'Art Concret, institution qui a ouvert ses portes l'année dernière, sous l'impulsion de Gottfried Honegger. C'est d'ailleurs ce dernier, peintre né en 1917, représentant historique de l'abstraction géométrique, qui est à l'origine de cette manifestation. L'idée est d'illustrer les influences intellectuelles et formelles que les arts du monde arabo-musulman exerceraient sur une certaine catégorie d'œuvres d'art abstrait géométrique en Occident.
Autour de la figure centrale du peintre François Morellet, de ses tableaux évoquant les motifs de l'Alhambra à Grenade et de ses compositions à double trame des années 1959 et 1960 qui rappellent les décors arabo-musulmans, on découvrira des œuvres de Karl Gerstner (Die Formen des Farben, 1986), de Gottfried Honegger (Dessins à l'ordinateur, 1970), de l'artiste minimaliste Frank Stella (qui s'inspire aussi des langages géométriques du monde arabe), ainsi que les travaux de Frantisek Kupka, l'un des pionniers de l'art abstrait, très imprégné de l'abstraction décorative de l'art musulman (c'est à lui que l'on doit d'ailleurs le titre de l'exposition, le « chant rythmique de l'esprit » qui qualifie ces œuvres de l'Islam). Les artistes contemporains Tania Mouraud et Bernard Frize sont également sensibles à ces influences arabisantes : la première conçoit depuis la fin des années 1980 un travail sur le graphisme et la calligraphie coufique ; le second imagine des entrelacs géométriques très « orientaux ».
Un ensemble d'œuvres issues du monde islamique complète cette confrontation de deux cultures et de deux mondes, intimement liés.
Espace de l'Art concret-Donation Albers-Honegger, château de Mouans, 06370 Mouans-Sartoux . Tél. 04.93.75.71.50. Jusqu'au 8 janvier 2006.
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