Le bon usage des agents antiplaquettaires

Publié le 27/06/2012
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Crédit photo : BSIP

Ces recommandations définissent les situations et les conditions de prescription 4 antiplaquettaires, l’aspirine, le clopidogrel, le prasugrel et le ticagrelor en prévention primaire ou secondaire d’une maladie cardiovasculaire, ainsi que la conduite à tenir en cas de chirurgie. Le niveau de preuve le plus élevé est le grade A correspondant à une preuve scientifiquement établie.

En prévention primaire

Afin de tenir compte des données de la littérature concernant les résultats des essais de prévention primaire des maladies cardiovasculaires avec les agents antiplaquettaires et de la situation française vis-à-vis de ce risque, la prescription d’aspirine à la dose de 75-160 mg/j peut être envisagée chez les patients ayant un risque de survenue à dix ans d’un 1er événement cardiovasculaire ≥ 10 %, évalué à l’aide de l’équation de Laurier (Framingham recalibré) ou un risque de survenue à dix ans d’un 1er événement athéromateux mortel› 5 % selon la charte des populations à faible risque du modèle SCORE.

En prévention secondaire

L’inhibition plaquettaire est recommandée :

Dans la maladie coronaire (grade A pour les 3 situations ci dessous) :

- en monothérapie par 75-325 mg/j d’aspirine (clopidogrel en cas de contre-indication à l’aspirine) après AVC ou AIT ou en cas de maladie coronaire stable (y compris après pontage) ou d’AOMI symptomatique ;

- en bithérapie (aspirine 75-160 mg/j + clopidogrel), après infarctus du myocarde (avec ou sans pose de stent) ou pose d’un stent hors contexte d’IDM ;

- en bithérapie aspirine + prasugrel (10 mg) ou aspirine + ticagrelor (180 mg) dans les suites d’un syndrome coronaire aigu.

Dans la maladie des troncs supra-aortiques ou des artères intracrâniennes :

- la prescription d’un antiplaquettaire en monothérapie est recommandée chez les patients ayant présenté un infarctus cérébral et ne présentant pas d’indication à un traitement anticoagulant (grade A) ;

- trois antiplaquettaires (l’aspirine 50-325 mg/j, le clopidogrel 75 mg/j et l’association aspirine 325 mg/j –dipirydamole 200 mg LP X2/j) sont recommandés dans la prévention secondaire des récidives d’événements cérébro-vasculaires ischémiques après un accident ischémique transitoire ou un infarctus cérébral (grade A).

Dans l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs :

- l’aspirine (75-325 mg) au long cours est recommandée en 1ere intention ( grade A) et le clopidogrel en cas d’intolérance à l’aspirine (75 mg) (grade A) ;

- en cas de pose de stent, un double traitement antiplaquettaire (aspirine 75 mg-375 mg) + clopidogrel 75 mg) peut être recommandée pour une période de 1 mois (grade A) ;

- en cas de pontage, l’aspirine (75 -375 mg) en monothérapie commencée avant la chirurgie doit être poursuivie au long cours (grade A).

Les « non-recommandations »

Comme le rappelle le document, il n’y a aucune place pour les antiplaquettaires :

- dans le traitement ou la prévention de la maladie thromboembolique veineuse, à l’exception du syndrome des antiphospholipides en cas de récidives sous AVK ;

- dans la prévention des fausses couches à répétition inexpliquées.

Le site de l’ANSM

Ces recommandations qui sont disponibles sur le site de l’ANSM détaillent également la place des antiplaquettaires dans les maladies prothrombotiques non athéromateuses, dans les situations particulières (sujets âgés, grossesse, maladie rénale chronique, l’infection VIH, les endoprothèses) et au cours des différentes chirurgies.

 Dr ANNE TEYSSÉDOU-MAIRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr