L’antigène B du streptocoque, piste pour de nouveaux antibiotiques

Publié le 15/06/2012
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Crédit photo : DR

S. agalectiae responsable d’infections de la glande mammaire chez les bovins et de méningites et pneumonies chez l’homme, est une bactérie pathogène à Gram positif, porteur d’un antigène du groupe B (Lancefield) à l’origine de sa classification. L’antigène B est un sucre, un pur polysaccharide dont les propriétés immunologiques sont connues puisqu’elles ont permis de développer les sérums. Mais hormis ses propriétés immunologiques et biochimiques, on connaît mal l’antigène B auquel on attribuait finalement qu’un rôle dans l’architecture bactérienne : une sorte d’exosquelette, d’échafaudage, tout juste destiné à lutter contre les stress mécaniques et à garder la forme cellulaire de la bactérie.

Ce travail vient donc jeter un pavé dans la mare, l’antigène B ne sert pas seulement à « décorer » la bactérie mais serait un élément essentiel dans la division et la croissance cellulaires.

Le contrôle de la croissance

« L’antigène B est très différent de la capsule, explique Michel-Yves Mistou, qui est un facteur de virulence. On peut dire schématiquement qu’un streptocoque dépourvu de capsule sera moins virulent mais la physiologie bactérienne n’en sera que peu altérée. Nous venons de mettre en évidence grâce aux souches de S. agalactiae mutées pour le gène gbcO que l’antigène B, lui, intervient dans le contrôle de la croissance et de la morphologie de la bactérie. »

En effet, le gène gbcO code pour une transférase impliquée dans la première étape de la biosynthèse de ce polysaccharide, étape toutefois commune à tous les streptocoques. « Cela ouvre des pistes potentielles pour la conception de nouveaux antibiotiques, poursuit Michel-Yves Mistou, qui s’attaqueraient à la fabrication de cet antigène. »

Cette découverte entre en résonance avec des travaux menés sur Staphylococcus aureus. Chez cette bactérie, il existe des acides téichoiques qui joueraient un rôle comparable à celui de l’antigène B pour le streptocoque. Ces deux polymères possèdent des charges négatives. « Cela montre que l’on a besoin en plus de la paroi bactérienne, de molécules chargées négativement pour organiser la croissance des bactéries », indique M-Y. Mistou.

PLoS Pathogens juin 2012.

Dr ANNE TEYSSÉDOU-MAIRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr