« La Niña Santa », de Lucrecia Martel

A l'âge de l'absolu

Publié le 14/09/2004
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LA CIENAGA, c'est le titre du premier film remarqué de l'Argentine Lucrecia Martel, née en 1966. La Ciénaga, c'est une petite ville du Nord-Ouest de l'Argentine où le temps semble s'être arrêté et où se situe aussi son deuxième long métrage de fiction. Des jeunes filles catholiques s'interrogent sur Dieu et la sensualité, et l'hôtel des Thermes, où vit l'une d'entre elles, est à peine animé par un congrès d'ORL.
La réalisatrice a voulu s'interroger sur le bien et le mal : non pas leur affrontement « mais la difficulté de les distinguer ». Sa jeune héroïne, qui a une haute idée des exigences divines mais connaît très mal les désirs humains et ne comprend pas le trouble qui la saisit, veut faire le bien et sauver une âme. L'un des médecins qui participe au congrès en fera les frais. Lucrecia Martel décline les parallèles entre santé de l'âme et santé du corps, sainteté et médecine. Ce n'est pas toujours clair, surtout pour qui n'a pas baigné dans une éducation catholique rigoureuse et imagée.
Le film a une forte personnalité, dans le regard porté sur ces jeunes filles à l'âge de l'absolu. Il a aussi le rythme des longs dimanches où rien ne se passe et des ellipses énigmatiques. On y trouvera matière à méditation et/ou à léger ennui. Dans tous les cas, on retiendra la fraîcheur et la passion des jeunes interprètes, Maria Alché et Julieta Zylberberg.

> R .C.

Source : lequotidiendumedecin.fr: 7590