L'accréditation s'invite dans les cabinets de radiologie ? La profession pose ses conditions

Par Marie Foult
Publié le 16/11/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
radiologue

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Crédit photo : S. Toubon

Après les laboratoires de biologie, les centres d'imagerie médicale ! À l’instar de leurs collègues biologistes, soumis à l'accréditation de la totalité de leurs examens sur site depuis 2013, les radiologues pourraient bientôt expérimenter l'accréditation.

L'organisme d'accréditation français, le Cofrac, a en tout cas été sollicité en ce sens et a mis en place un groupe de réflexion, puis publié un projet en ligne.

D'après ce document, l'accréditation – volontaire – reposerait sur la norme ISO 15 189, utilisée pour les laboratoires de biologie médicale et qui peut être considérée en imagerie « comme un modèle de fonctionnement permettant d’atteindre le niveau de qualité nécessaire dans l’intérêt du patient », indique le Cofrac.

Selon le projet, l’objectif de cette évaluation sera d’apprécier les ressources matérielles et les aptitudes techniques de la structure d’imagerie médicale, la pertinence de l’organisation et la conformité des pratiques avec les exigences du référentiel d’accréditation. Ce serait « une photographie », à un instant donné « du fonctionnement de la structure d’imagerie médicale », précise l'organisme.

Cette évaluation serait réalisée par une équipe composée d’un évaluateur qualiticien et d’évaluateurs techniques (médecins radiologues, nucléaires ou échographistes), qui se pencheraient sur les exigences organisationnelles (système de management de la qualité) et les exigences techniques et professionnelles (compétence du personnel, adéquation des locaux et matériels, respect des exigences de radioprotection, prise en charge du patient…).

Méfiance générale

La profession se montre a priori méfiante quant à ces annonces. « Il faut vraiment que ce soit fait de façon intelligente. Sur le principe, nous ne sommes pas opposés, cela fait longtemps que les radiologues sont engagés dans une démarche de qualité et d'amélioration », assure le Dr Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR).

Le conseil professionnel de la radiologie (G4) a mis en place un référentiel qualité en imagerie médicale, Labelix, il y a plus de quinze ans. Il planche depuis deux ans sur un modèle d'accréditation avec la Direction générale de la santé (DGS, ministère) et l'Association française de normalisation (AFNOR).

Les radiologues redoutent surtout une accréditation lourde, chronophage, à marche forcée et non pilotée par la profession. « Jusqu’à présent la Société française de radiologie (SFR) n'a pas été associée à la démarche du Cofrac. Or, nous avons encore en tête l'expérience de l'accréditation en biologie médicale… », poursuit le Dr Jean-Charles Leclerc, secrétaire général de la FNMR et chargé de l'accréditation pour le G4.

Les biologistes médicaux avaient été échaudés par la mise en place de l'accréditation obligatoire en 2013, décriée et qualifiée de processus contraignant.

Pour le Pr Frank Boudghene, à la tête du syndicat des radiologues hospitaliers (SRH), il n'est pas question de calquer le modèle de la biologie médicale. « Notre activité est totalement différente de celle des biologistes, martèle-t-il. Il n'est donc pas possible qu'on fasse fi des équipes radiologiques ! »

Au 1er octobre 2018, la quasi-totalité des laboratoires de biologie médicale sont accrédités : 819 laboratoires de biologie médicale (répartis sur plus de 4 000 sites), dont 524 structures privées et 294 à l'hôpital, selon le Cofrac.


Source : lequotidiendumedecin.fr