La santé dans la présidentielle : Bayrou veut redonner le moral aux médecins

Publié le 13/02/2012
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Crédit photo : S. Toubon

François Bayrou appelle de ses vœux une « réflexion en profondeur » sur les effets de la loi Bachelot. « La loi HPST, les nouveaux modes de gestion de l’hôpital, la place faite aux médecins et aux personnels de santé, tout cela a entraîné une profonde démoralisation », analyse le patron du MoDem. Cette démoralisation, estime François Bayrou, concerne aussi bien les médecins de ville « qui ont souvent le sentiment d’être assaillis d’obligations administratives » que les praticiens hospitaliers ayant parfois l’impression de « gérer davantage des lits que des malades ». Dans ce climat, François Bayrou se fixe comme ligne de conduite le « recentrage de la vocation de médecin sur la médecine ».

En matière de démographie médicale, il juge que la politique d’incitation par les bourses « a montré ses limites », plaide pour une politique volontariste de « suppression des déserts médicaux » et se dit prêt à augmenter le numerus clausus« contractuellement » en fléchant des postes vers des « affectations temporaires » prioritaires.

Prudent au sujet des restructurations hospitalières (la carte des services d’urgence et de soins ambulatoires doit « prendre en compte les territoires »), il se dit « opposé à la fermeture autoritaire des maternités de proximité ». Mais il préconise « chaque fois que nécessaire » l’installation en amont des urgences hospitalières de maisons médicales d’urgence chargées d’opérer un premier filtre et de traiter le premier recours, une idée inspirée de MG France (syndicat reçu récemment par François Bayrou). Selon le candidat centriste, cette gradation de l’accès aux soins d’urgence pourrait procurer une économie de « près de deux milliards d’euros ».

Sur le financement, il souligne que les « régimes de Sécurité sociale doivent être équilibrés » car « rien n’est plus obscène que de mettre le remboursement de nos ordonnances sur le compte de nos enfants ». Pour les plus fragiles, il reprend à son compte (sans le détailler) l’idée d’un « bouclier santé » qui serait financé en « gérant autrement l’argent consacré à l’aide complémentaire santé ». Enfin, il suggère de s’inspirer du régime d’assurance complémentaire d’Alsace Moselle, un système « entièrement équilibré » qui offre aux cotisants des « résultats exceptionnels ».

CYRILLE DUPUIS

Source : lequotidiendumedecin.fr