La première greffe utérine française a été annoncée

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 11/04/2019
Illustration chirurgie

Illustration chirurgie
Crédit photo : PHANIE

L'équipe du Pr Jean-Marc Ayoubi de l'hôpital Foch de Suresnes a annoncé à l'AFP la réalisation avec succès de la première greffe utérine française. Le 31 mars dernier, une femme de 34 ans, née sans utérus en raison d'un syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), a en effet bénéficié d'une greffe d'utérus grâce à un don de sa mère de 57 ans.

Le transfert d'embryon sera réalisé dans quelques mois, des embryons ayant été obtenus au préalable par fécondation in vitro.

15 naissances dans le monde grâce à la greffe

La première naissance grâce à la greffe utérine remonte à 2014 en Suède. Depuis, d'autres pays se sont emparés de la technique, et 14 enfants sont nés dans le monde. Parmi ces naissances, un enfant brésilien est né en 2017 grâce à une donneuse décédée en état de mort cérébrale.

En France, deux équipes françaises travaillent sur la greffe utérine. L'hôpital Foch a reçu en mars 2017 l'autorisation de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de réaliser dix greffes à partir de donneuses vivantes, tandis que l'équipe du CHU de Limoges a reçu l'autorisation en 2015 de réaliser huit greffes à partir de donneuses décédées.

Première naissance en Suède après prélèvement utérin robot-assisté

L'équipe de Foch collabore étroitement avec l'équipe suédoise du Pr Mats Brännström, pionnière en la matière. L'équipe française a notamment apporté son expertise dans le domaine de la chirurgie assistée par robot pour le prélèvement utérin chez les donneuses. Cinq Suédoises en ont déjà bénéficié, et une première naissance vient d'être annoncée par l'université de Göteborg : un petit garçon est né le 8 avril. La transplantation avait été réalisée en octobre 2017, et le transfert d'embryon a été effectué 10 mois plus tard.

« C’est une étape extrêmement importante dans le développement de la chirurgie impliquée dans la transplantation utérine. Pour la première fois, nous montrons que la technique chirurgicale moins invasive assistée par robot est faisable », indique le Pr Brännström. Le prélèvement d'utérus robot-assisté permet notamment une réduction du temps opératoire et une meilleure récupération.

« À l’avenir, nous pourrons également transplanter l’utérus chez la receveuse à l’aide de la technique assistée par robot », avance le Dr Niclas Kvarnström, chirurgien.


Source : lequotidiendumedecin.fr: 20190411