La Poste préconise le dialogue social et des ajustements après les suicides

Publié le 19/03/2012

Après les décès volontaires de deux cadres du groupe le 29 février et le 11 mars en Bretagne, le PDG de la Poste, Jean-Paul Bailly, annonce ce lundi le lancement d’un grand dialogue national et local jusqu’au 15 septembre pour « améliorer la cohésion sociale ». Sa directrice de cabinet, Dominique Blanchecotte a été nommée médiatrice de la vie au travail et dotée d’un « pouvoir de décision sur les situations personnelles ». M. Bailly souhaite également mettre en place un cycle rapide de négociations pour aboutir à un train de mesures concrètes d’ici au 30 avril et reporter de six mois le déploiement de l’actionnariat salarié.

Les syndicats dénoncent des mesures « misérables », selon les termes de SUD, qui ajoute que « la déception est au rendez-vous ». Certaines organisations demandent un moratoire pur et simple sur les réorganisations, qu’elles estiment responsables de la souffrance au travail des employés. Or Jean-Paul Bailly a fermement rejeté l’idée d’une pause : « L’entreprise ne s’arrête pas. Une entreprise de la taille de la Poste, ça se dirige en donnant du sens, en donnant du mouvement, pas en lui demandant de faire une pause », a-t-il déclaré en évoquant les « centaines de projets en cours ». Le PDG a tout au plus concédé des possibilités d’« ajustements », et indiqué que certains projets pourraient « trouver un calendrier plus détendu ».

« Faut-il d’autres drames pour que la direction générale prenne enfin conscience du mal-être ? », s’est interrogé SUD. Le 2e syndicat du groupe devrait saisir le gouvernement.

C. G.

Source : lequotidiendumedecin.fr