Prise en charge des métastases osseuses
LES METASTASES OSSEUSES altèrent souvent fortement la qualité de vie des patients. De plus, leur coût économique apparaît très élevé, car les malades porteurs de métastases osseuses survivent en général plus longtemps que ceux ayant des métastases viscérales.
La destruction osseuse liée à la maladie métastatique est essentiellement médiée par les ostéoclastes, lesquels sont stimulés par des produits de sécrétion de la tumeur. Les ostéoblastes semblent être à l'origine de cette activité cellulaire tumorale, en sécrétant des facteurs (en particulier le Rankl - Receptor Activator of NK-kappa B Ligand) responsables de l'augmentation du recrutement et de l'activité des ostéoclastes. Le tropisme osseux du cancer du sein et de la prostate est particulièrement bien expliqué par la théorie « de la graine et du sol ». Alors que les cellules tumorales sécrètent des facteurs ostéolytiques, les cellules osseuses et de la matrice de l'os libèrent de nombreux facteurs de croissance et cytokines, notamment l'IGFs, qui stimule à son tour la prolifération des cellules tumorales. Un autre facteur de croissance, le TGF-b, est également relargué et activé au cours de la résorption osseuse et stimule la sécrétion de PTHrp par les cellules de tumeurs mammaires, conduisant à une augmentation supplémentaire du recrutement des ostéoclastes.
Grâce à leur action directe sur les ostéoclastes, les bisphosphonates sont capables d'interrompre ce cercle vicieux.
Certains auteurs comme J.J. Body ont aussi démontré qu'ils étaient capables d'inhiber directement la croissance des cellules de cancer du sein, de la prostate ou de cellules myélomateuses.
L'hypercalcémie d'origine tumorale.
Le traitement de l'hypercalcémie d'origine tumorale s'appuie aussi sur les bisphosphonates, au moyen de perfusions de pamidronate. Il a récemment été mis en évidence que l'acide zolédronique présentait aussi une efficacité dans cette indication, plus particulièrement chez les patients sans métastases osseuses.
Un effet antalgique est également obtenu chez presque la moitié des patients qui ont bénéficié d'injections répétées de pamidronate. Mais d'autres molécules comme l'acide zolédronique et l'ibandronate apparaissent aussi utiles.
Cancer du sein, de la prostate et myélome.
Dans le cancer du sein, des essais contrôlés contre placebo ont montré que les bisphosphonates administrés de manière prolongée par voie orale (clodronate ou ibandronate) ou par voie veineuse (pamidronate, ibandronate ou acide zolédronate) réduisaient le taux de morbidité osseuse de 25 à 50 % chez des patients ayant des métastases osseuses.
Dans le myélome multiple, il est maintenant recommandé de commencer le traitement avec les bisphosphonates dès le stade III, la voie intraveineuse étant plus rapidement efficace que la voie orale.
Dans le cancer de la prostate avec métastases osseuses, l'acide zoledronate est le premier bisphosphonate à avoir montré une efficacité clinique significative, dans un essai contrôlé.
Quant au chapitre de la prévention et du traitement de l'ostéoporose induite par les traitements anticancéreux ils font toujours l'objet de travaux, qu'il s'agisse des cancers du sein (ménopause induite, effets des inhibiteurs de l'aromatase) ou de la prostate (conséquence du blocage androgénique).
D'après les communications de J.J. Body et C. Roux.
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