La loi de santé ? La fin d’un long processus de dénigrement, dit un médecin picard

Publié le 09/12/2014

Très remonté, le Dr Christophe Grimaux, installé à Pierrefonds (Aisne) et président de la FMF en Picardie, a dit tout le mal qu’il pensait du projet de loi de santé au journal « L’Aisne ».

Pour ce médecin, exerçant en milieu rural, « on arrive au bout d’un long processus de dénigrement de la médecine libérale au profit de la médecine hospitalière ». Dans une interview publiée en ligne, il détaille ses griefs contre le texte défendu par la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Les nouvelles prérogatives des ARS ? « C’est la fin de la liberté d’installation puisqu’on veut décréter quelles sont les zones où vont s’installer les médecins. C’est du jamais vu » s’alarme le Dr Grimaux qui dénonce les nouvelles contraintes qui pèseront sur les libéraux.

Une mobilisation très importante, prédit le généraliste 

Le tiers payant généralisé ? « Ça coûterait au médecin 3,50 euros par acte. Ça vous fait ramener la consultation à 17,50 euros » regrette-t-il. Quant à la délégation de tâches, comme la vaccination par les pharmaciens, il y voit « du grand n’importe quoi ». Le médecin s’appuie sur le constat suivant : depuis trois ans, les infirmières ont, elles aussi, la possibilité de vacciner, or « on constate que la couverture vaccinale baisse. Donc, si ça marchait, on le saurait. »

Le Dr Grimaux prédit une « mobilisation très importante » des médecins à l’occasion des fêtes de fin d’année, pendant lesquelles les syndicats ont appelé à la fermeture des cabinets pour protester contre le projet de loi de santé. Interrogé sur les aspects positifs de ce texte, le médecin est sans pitié : « En l’état, je dirais " rien ". » 

S. L.

Source : lequotidiendumedecin.fr