La FMF redoute l’« échec » d’une stratégie nationale de santé sans les libéraux

Publié le 29/01/2014
1391012294493169_IMG_121365_HR.jpg

1391012294493169_IMG_121365_HR.jpg
Crédit photo : S. TOUBON

Le gouvernement va « dans le mur ». Le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF), a exposé ce mercredi les raisons pour lesquelles la stratégie nationale de santé, « bateau ivre dans le brouillard », risque de se transformer dans les mois qui viennent en « échec programmé », faute d’accorder aux professionnels libéraux les moyens nécessaires.

Rien ne trouve grâce aux yeux du médecin généraliste de Clamart (92) pour qui un « faisceau d’indices » montrerait que le gouvernement n’a pas l’intention de concrétiser le fameux « virage ambulatoire » pourtant promis par Marisol Touraine.

Alors que la FMF réclame un investissement de « 4 milliards d’euros » sur la médecine de ville, permettant de financer des forfaits structure et de créer « 100 000 emplois non délocalisables », le syndicat ne voit toujours « rien venir », sinon la « méthode Coué et l’autosatisfaction » du ministère de la Santé.

Les nouveaux protocoles de coopération ? Le Dr Hamon redoute un système « désespérant » dans lequel les médecins généralistes seront « noyés » sous l’administratif ou « dépecés » à la faveur de transferts de tâches subis (aux infirmières, aux sages-femmes...). « Ceux qui construisent les nouveaux protocoles sont les mêmes qui avaient organisé la vaccination H1N1 », peste le Dr Hamon, qui prédit un généraliste « déplumé, manchot et cul-de-jatte ». « Le gouvernement veut un médecin pivot des soins mais sans aucun moyen », résume-t-il.

Hypertrophie

Les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP), parfois présentées comme l’alpha et l’oméga de l’offre de soins ? Le Dr Hamon voit dans ce modèle à la mode une « réponse ponctuelle, pourvu que l’initiative vienne du médecin libéral » mais redoute les marottes d’élus locaux « en mal de réélection ». « Il y a un vrai risque d’hypertrophie avec les MSP, où l’argent passera dans l’immobilier et le personnel administratif ».

Dans un autre registre, il dénonce les « attaques » concernant l’organisation libérale de la permanence des soins, près de 12 ans après le combat victorieux sur le volontariat. La Cour des comptes dénonçait récemment un système onéreux et mal organisé. Une mission parlementaire auditionne actuellement tous les acteurs de la PDS et les libéraux redoutent déjà une reprise en main.

Côté formation initiale enfin, il réclame au cours du troisième cycle un stage obligatoire « d’un an » de mise en responsabilité en libéral (médecine générale, spécialisée et plateaux techniques lourds), seule façon d’attirer les jeunes.

« Il y a urgence, résume le Dr Hamon. Seuls 30 % des nouveaux médecins s’installent en libéral à l’horizon de cinq ans. Nous sommes prêts à tout regarder, pourvu qu’on nous donne les moyens. »

Cyrille Dupuis

Source : lequotidiendumedecin.fr