La fin de l’appendicectomie systématique chez l’adulte

Publié le 31/05/2012
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Crédit photo : S. TOUBON

Chez l’adulte, on s’oriente aujourd’hui vers une approche plus nuancée qui fait la distinction entre appendicite non compliquée où l’antibiothérapie I.V. à l'hôpital serait une alternative à la chirurgie sous certaines conditions et l’appendicite compliquée qui reste une indication chirurgicale. Chez l’enfant l’appendicectomie est toujours la règle en privilégiant la laparoscopie.

Le nombre d’appendicectomies pratiquées en France a considérablement diminué au cours des vingt dernières années : 300 000 dans les années 1990, 93 584 en 2006 et 83 340 en 2010, selon les chiffres de la CNAMTS, avec d’importantes disparités régionales ; cette baisse est particulièrement nette chez les moins de 20 ans (-20 % depuis 2006) et chez les femmes (-14 % depuis 2006). Depuis plusieurs années, des études tentent de déterminer le meilleur choix thérapeutique entre antibiothérapie et chirurgie d’emblée selon la forme d’appendicite en cause. Une méta analyse récente (Vadarharn K BMJ 2012 ; 344 :e2156) portant sur 4 essais randomisés, soit un total de 900 patients, retrouve un risque de complication, retenu comme le critère principal de jugement, moindre dans le groupe antibiotique par rapport au groupe appendicectomie et une efficacité équivalente. Il semble exister deux cadres physiopathologiques distincts, les appendicites non compliquées qui pourraient être l’indication d’une antibiothérapie initiale et les appendicites compliquées qui restent chirurgicales.

Chez l’enfant, une urgence chirurgicale

Chez l’enfant l’attitude est très différente. L’appendicite aiguë simple reste une urgence chirurgicale, de même que la péritonite aigue. L’appendicite compliquée de plastron ou d’abcès peut bénéficier d’un traitement médical de première intention. Cette approche est largement utilisée depuis quelques années Outre-Atlantique avec de bons résultats. Une étude menée à l’hôpital Robert Debré sur 64 enfants traités médicalement d’un plastron ou d’un abcès appendiculaire confirme l’intérêt de ce traitement conservateur de première intention. L’utilité de l’appendicectomie secondaire reste débattue.

Enfin la laparoscopie apparaît comme une technique de choix pour le traitement chirurgical des appendicites de l’enfant.

Le traitement de l’appendicite aiguë a fait l’objet d’une saisine par la CNAMTS de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui devrait rendre ses conclusions sur le sujet en septembre 2012.

Séance de l’Académie de chirurgie. Communications des Drs M. Marty (CNAMTS), C. Vons (hôpital Jean verdier, Bondy), A. Bonnard (hôpital Robert-Debré) et F. Varlet (CHU Saint-Etienne)

 Dr HÉLÈNE COLLIGNON

Source : lequotidiendumedecin.fr