La dépigmentation volontaire, une pratique à risque

Publié le 16/11/2011
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Crédit photo : © PHANIE

Sans qu’on ait de données épidémiologiques précises, on sait que de nombreuses personnes ont recours à la dépigmentation volontaire, particulièrement celles qui sont d’origine africaine. Les produits utilisés sont des cosmétiques (crèmes, gels ou laits), qui contiennent le plus souvent des dermocorticoïdes d’activité très forte, de l’hydroquinone, voire des dérivés mercuriels, toutes substances interdites dans les cosmétiques éclaircissants de la peau. Il peut s’agir aussi de médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques ou contrefaits.

Des analyses ont été réalisées sur plus de 160 produits, à l’initiative de l’AFSSAPS et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) : 30 % étaient non conformes à la réglementation des cosmétiques en 2009 et 40 % en 2010.

Les risques de ces produits dépigmentants illicites sont essentiellement cutanés (infections, acné, vergetures, atrophie, troubles de la pigmentation, etc.). Selon plusieurs études, de 60 à 70 % des utilisatrices souffriraient de ces effets nocifs cutanés. Les complications systémiques ne sont pas exclues : diabète, hypertension artérielle, problèmes rénaux et neurologiques. Quatre cas de carcinome épidermoïde ont été décrits. Il faut aussi prendre en compte les risques pour l’enfant en cas d’utilisation par une femme enceinte ou allaitante.

Des effets sous-signalés.

Mais les effets indésirables ne sont pas toujours signalés, loin de là. Depuis 2004, l’AFSSAPS n’a enregistré que 13 déclarations d’effets indésirables liés à l’utilisation d’un produit dépigmentant illicite, dont deux ont nécessité une hospitalisation.

Face à l’ampleur du phénomène, liée notamment, selon l’AFSSAPS, à une forte pression sociale et publicitaire, et à l’importance des risques sanitaires, et compte tenu de la difficulté à maîtriser les circuits d’importation et de distribution non traditionnels et la vente sur Internet, l’Agence met donc en place une campagne nationale d’information. Elle vise à mettre en garde les utilisateurs, mais aussi à guider les professionnels de santé dans la prise en charge des patients et à les inciter à la déclaration des effets indésirables.

RENÉE CARTON

Source : lequotidiendumedecin.fr