La crise est impitoyable avec les patients diabétiques

Publié le 03/06/2014
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Crédit photo : S TOUBON

Plus d’un tiers des patients diabétiques européens déclarent ne pas avoir les moyens de surveiller leurs taux de glucose sanguin, et 24 % estiment leur situation financière incompatible avec l’achat de médicaments contre le diabète. Tels sont les résultats qui ressortent du rapport sur l’impact de la crise économique sur la gestion du diabète publié par Janssen dans le cadre de la semaine de prévention du diabète. « Dans plusieurs pays, notamment en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, un niveau socio-économique bas est étroitement associé à un risque accru de diabète. Il est en effet difficile de proposer à un patient disposant de revenus faibles qui vient de recevoir le diagnostic de diabète, de gérer lui-même sa maladie », rappellent en préambule les auteurs.

On estime qu’il y a 32 millions de diabétiques en Europe. Les coûts directement imputables au diabète s’élèvent à plus de 43 milliards en Allemagne, à plus de 20 milliards au Royaume-Uni et à un peu moins de 13 milliards en France.

Une contribution des patients à la hausse

Selon l’enquête de Janssen, les restrictions budgétaires des différents pays européens affectent toute l’auto-gestion du diabète. Ainsi, « les patients doivent contribuer de plus en plus à l’achat des bandelettes de test qu’ils utilisent. En Allemagne et en Espagne, les patients rapportent que dans certains cas, les fournitures médicales dont ils ont besoin ne sont plus complètement remboursées comme auparavant ou que le nombre de bandelettes réactives qui leur sont fournies a diminué », expliquent les auteurs.

Plus encore que l’accès au médicament, c’est l’accès à un mode de vie sain compatible avec l’auto-contrôle du diabète qui est fragilisé par la crise : 40 % des patients européens interrogés s’estiment financièrement affectés par la crise, 18 % déclarent ne pas pouvoir acheter des produits alimentaires de très bonne qualité. Les résultats par pays sont contrastés, de 13 % pour la Grèce ou l’Italie à 29 % pour le Royaume-Uni. La France se situait dans la moyenne européenne avec 18 % de patients qui estiment ne pas avoir accès à une alimentation saine. « Il apparaît essentiel d’apprendre aux patients diabétiques comment se nourrir de façon équilibrée à moindre coût », estiment les auteurs. L’accès à l’exercice physique est également fortement affecté par la crise économique, puisqu’un tiers des patients européens estiment qu’ils n’ont pas le temps de pratiquer une activité physique.

Les médecins perdent leurs moyens

Les médecins interrogés partagent le constat issu des enquêtes en population général, puisqu’environ un quart d’entre eux assurent qu’il est devenu difficile pour les patients de s’acheter les médicaments dont ils ont besoin, de suivre leur traitement et de contrôler leur glycémie. Enfin, 19 % des professionnels de santé pensent que la crise économique a eu un impact négatif sur leurs capacités à suivre les patients, toutes pathologies confondues, que ce soit à cause des suppressions de postes ou d’un impact négatif sur les opportunités de formation. L’effet sur la prise en charge du diabète est quantifiable : 25 % des médecins interrogés estimaient qu’ils disposent maintenant de moins de temps à consacrer à la prise en charge clinique du diabète, et seulement 28 % d’entre eux considèrent qu’ils disposent de suffisamment de moyens pour offrir à leurs patients diabétiques une bonne formation à la gestion du diabète.

Damien Coulomb

Source : lequotidiendumedecin.fr