La CARMF contre-attaque après la suspension de Maudrux et de son bureau

Publié le 05/10/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

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Le feuilleton continue ! La Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF), qui a réuni samedi à Paris son AG annuelle dans une ambiance très particulière – au lendemain même de la suspension par le ministère de l’élection du président Gérard Maudrux et de tous les membres du bureau – a décidé de contre-attaquer sur le terrain juridique en contestant cette décision devant le conseil d’État.

Vice de procédure ?

Petit rappel des faits. Le 12 septembre, le conseil d’administration de la CARMF avait décidé de coopter le Dr Maudrux et de porter une nouvelle fois à la présidence le populaire chirurgien urologue, faisant fi d’un décret publié le 23 juillet qui semblait éliminer cette hypothèse (limitation de la durée totale du mandat du président à trois ans renouvelable deux fois et interdiction des membres cooptés au conseil d’administration).

S’appuyant sans surprise sur ce décret, la mission nationale de contrôle (MNC, qui dépend indirectement du ministère) a suspendu pour 40 jours toutes les décisions du conseil d’administration du 12 septembre et au premier chef l’élection du président... Marisol Touraine doit maintenant se prononcer.

Mais samedi, en marge de l’AG qui a réuni environ 500 délégués, le Dr Maudrux a confié à la presse que la CARMF attaquerait au conseil d’État car « la décision de suspension est sans aucun motif, il y a donc un vice de procédure ». « Nous n’acceptons pas d’être écartés sans raison », a-t-il plaidé.

Cabale syndicale

Interrogé par « le Quotidien », le Dr Maudrux ne se fait « pas trop d’illusions sur son sort » et se déclare victime d’une « cabale syndicale ». « Je dérange depuis des années les syndicats qui réclament ma tête et mes écrits déplaisent aux énarques », glisse-t-il, jugeant « invraisemblable qu’on puisse casser un processus électoral démocratique ».

L’urologue, à la tête de la caisse de retraite des médecins depuis 18 ans (et qui dresse d’ailleurs son bilan dans la dernière lettre CARMF...), aurait souhaité assurer une transition en douceur avec son premier vice-président, le Dr Thierry Lardenois (suspendu lui aussi), médecin généraliste en Moselle.

Gérard Maudrux imagine une ultime pirouette. « Je gagne le recours, je me représente à la présidence et je démissionne rapidement ». Pas sûr que le ministère de la Santé lui autorise ce baroud d’honneur.

Cyrille Dupuis

Source : lequotidiendumedecin.fr