La 3D révèle par quel bout prendre le collagène

Publié le 24/09/2012
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Crédit photo : PHANIE

Il vaut mieux ne pas en venir à certaines extrémités avec le collagène. Une équipe franco-anglaise menée par des chercheurs de l’Institut de biologie et de chimie des protéines (CNRS/Université Claude-Bernard Lyon-1) vient de décrire quelle est la structure en 3D d’extrémités terminales du procollagène connues pour être délétères. Alors que ces extrémités, appelées C-propeptides, jouent un rôle important dans l’assemblage du collagène, certaines mutations les concernant peuvent entraîner des maladies graves, telles que l’ostéogenèse imparfaite ou les chondrodysplasies.

Le précurseur du collagène, le procollagène, subit deux processus avant de former des fibres de collagène : assemblage de 3 brins de procollagène entre eux, puis assemblage de ces molécules en longues fibres de collagène. Ces deux processus sont contrôlés par le C-propeptide, ce domaine constitué de 245 acides aminés situés à l’une des extrémités de chaque brin de collagène.

Les chercheurs ont réussi à déterminer la structure tridimensionnelle du C-propeptide grâce à la cristallographie aux rayons X. Ils ont cartographié les mutations présentes dans les C-propeptides puis les ont corrélées à la sévérité des pathologies associées. D’après le communiqué de presse du CNRS, la structure en 3D « pourrait devenir un outil de pronostic pour prédire a priori les conséquences des mutations ». Mais ce n’est pas la seule application envisageable. Les chercheurs espèrent aussi pouvoir bloquer l’étape nécessaire au tressage des fibres entre elles, qui consiste à éliminer enzymatiquement le C-propeptide. « Si l’on parvenait à empêcher ou ralentir l’élimination du C-propeptide, on pourrait diminuer la production de fibres de collagène. »

Nature Structural and Molecular Biology, publié le 23 septembre 2012.

 Dr I. D.

Source : lequotidiendumedecin.fr