« Je n’ai plus le courage de continuer » : Patrick Pelloux annonce son départ de Charlie

- Publié le 28/09/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

Crédit photo : S. TOUBON

Chroniqueur depuis une douzaine d’année à « Charlie Hebdo », l’urgentiste Patrick Pelloux a décidé de quitter le journal satirique. Le médecin a annoncé son départ « sans doute début janvier » dans un entretien accordé vendredi soir à la radio étudiante Web7Radio. L’information a été confirmée à l’AFP par Zineb El Rhazoui, une de ses collègues à Charlie. Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire, Gérard Biard, a indiqué ne pas être au courant de la décision de Patrick Pelloux.

« Il y en a d’autres qui vont continuer ce journal et je reste Charlie Hebdo dans l’âme mais il faut savoir tourner la page un jour », a expliqué Patrick Pelloux à Web7Radio. « Je pense que je n’apporte plus rien à ce journal. Je m’en irai sans tambour ni trompette », ajoute-t-il, soulignant qu’il n’a « plus le courage de continuer chaque semaine ».

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« Il y a une partie de nous-mêmes qui s’est arrêtée »

L’urgentiste avait été l’un des premiers à arriver sur place après l’attaque du 7 janvier dans les locaux de l’hebdomadaire, qui avait fait 12 morts. Il était très proche du directeur de la publication Charb, tué dans cet attentat avec les dessinateurs Wolinski, Cabu, Honoré et Tignous.

Depuis, Patrick Pelloux est devenu l’un des porte-voix du journal, vivant comme d’autres membres de l’équipe sous très haute protection policière. Sa décision intervient alors que le dessinateur emblématique Luz, auteur après l’attentat d’une « Une » controversée avec Mahomet affirmant « tout est pardonné », vient de confirmer qu’il quittait le journal la semaine prochaine.

« Il y a une partie de nous-mêmes qui s’est arrêtée au moment de ces attentats », a confié à Web7Radio le chroniqueur, qui précise que « c’est probablement la dernière fois » qu’il évoquera la tuerie du 7 janvier. Patrick Pelloux avait déjà failli annoncer son départ cet été dans une chronique qu’il avait finalement renoncé à publier dans le journal, selon le magazine Vanity Fair.