Japon : la catastrophe, au-delà du nucléaire

Publié le 18/03/2011
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Crédit photo : AFP

UNE SEMAINE après le séisme et le tsunami, les médecins s’efforcent de secourir les blessés et les malades dans les centres d’hébergement. De nombreux survivants suivant un traitement médical ont quitté leur domicile sans prendre sur eux leurs médicaments. Ils sont le plus souvent hébergés dans des gymnases sans chauffage ni eau courante. Par ce temps froid, la santé de certains malades se détériore.

Pour Médecins sans frontières, qui a envoyé des équipes mobiles dans la préfecture de Miyagi, l’une des plus touchées par le séisme, la principale inquiétude réside dans les maladies chroniques des personnes âgées, comme l’hypertension ou le diabète. « Leurs traitements ont été interrompus, et nos médecins font en sorte que les malades les reprennent pour ne pas se retrouver pas dans un état critique », explique Éric Ouannes, directeur général de MSF Japon. « Il nous faut de toute urgence des couvertures pour protéger les plus vulnérables. » Les cas d’hypothermie sont nombreux. L’approvisionnement en vivres et en denrées de première nécessité s’améliore mais les coupures de courant rendent également impossible les dialyses. Les patients atteints d’insuffisance rénale ont dû être acheminés jusqu’à Tokyo pour y recevoir leur traitement. L’épuisement gagne en outre les équipes médicales qui ont travaillé presque sans discontinuer depuis le tsunami et qui doivent elles aussi faire face à la pénurie d’eau et de nourriture.

Course contre la montre.

À Fukushima, les autorités japonaises sont toujours engagées dans une « course contre la montre » pour tenter de refroidir les six réacteurs de la centrale nucléaire accidentée, indique le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, venu spécialement à Tokyo. La priorité reste le réacteur 3, sur lequel plusieurs camions-citernes équipés de canon à eau ont déversé des dizaines de tonnes d’eau afin d’empêcher les barres de combustible usé d’entrer en fusion et éviter ainsi un accident nucléaire majeur. Dans ce réacteur dont la structure externe a été détruite par une explosion d’hydrogène, la piscine de stockage du combustible usagé, située hors de l’enceinte de confinement, a été endommagée. Les opérations visent aussi à refroidir le cœur des réacteurs 1, 2 et 4 ainsi que la piscine de stockage de ce dernier. Les efforts pour rétablir le courant électrique de la centrale, qui permettrait de remettre en route les pompes des circuits de refroidissement « progressent mais l’électricité n’a pas encore été rétablie », a assuré le porte-parole du gouvernement nippon.

Quelque 550 000 personnes ont été évacuées. Pour tenter de rassurer la population, l’AEIA a annoncé qu’elle allait effectuer des mesures de radioactivité à Tokyo. Les Tokyoïtes ne font pas, pour l’heure, l’objet de mesures de protection particulières. Alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que l’accident de Fukushima correspond au niveau 6 de l’échelle des événements nucléaires et radiologiques (INES), l’Agence de sûreté nucléaire japonaise l’a relevé, vendredi, de 4 à 5.

STÉPHANIE HASENDAHL

Source : lequotidiendumedecin.fr