« J’ai 35 ans et je suis en burn-out », le SOS d’un médecin en détresse

Par
Stéphane Long -
Publié le 02/03/2019
burn out

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Crédit photo : Phanie

Qu’est-ce qu’être médecin généraliste en 2019 ? Le Dr Madeleine Lhote répond à cette question dans un long témoignage qu’elle a fait parvenir au « Quotidien » (lire ci-dessous). Cette jeune généraliste de 35 ans, mère de deux enfants, installée dans le 19e arrondissement de Paris depuis 2014 dans une maison de santé qu’elle a créée, décrit avec beaucoup de sincérité les conditions de travail qui sont aujourd’hui les siennes… Et qui l’ont conduit au burn-out au début du mois de janvier.

Stress, pression des patients, lourdeurs du système de soins, le médecin a fini par craquer. Elle s’est effondrée en larmes durant une consultation, après avoir appris le décès d’un patient. « J’étais arrivée à un point où je n’arrivais plus à écouter, à aider, à diagnostiquer », confie le Dr Lhote.

Le texte, qu’elle partage aujourd’hui, lui a permis de « verbaliser ce qui ne va pas » et d’avancer dans la guérison. C’est aussi un cri d’alarme lancé aux autorités publiques et aux patients face à un système de soins « sur le point de s’effondrer ».

Le « silence assourdissant des autorités »

« Je ne compte plus les collègues qui ont craqué ou qui sont sur le point de craquer. À l’hôpital, c’est pareil, les spécialistes sont débordés, on manque de personnel soignant. On tient parce qu’il faut tenir, mais à quel prix !, s’inquiète le Dr Lhote. Face à cette situation, on a quand même un silence assourdissant des autorités qui semblent ne pas prendre la mesure des problèmes et qui ne nous écoutent pas. »

Le médecin appelle également les patients à une prise de conscience. « On n’est pas des prestataires de services. Il faut qu’ils soient raisonnables », explique la jeune femme qui énumère les demandes abusives des malades et leur comportement parfois véhément et agressif.

Comment voit-elle son avenir ? « Pour l’instant, je me soigne. J’ai la chance de pouvoir le faire. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra que je change ma façon de travailler, que j’apprenne à dire non, à fixer des limites aux patients et à mettre de la distance », répond la généraliste.


Source : lequotidiendumedecin.fr