IVG : les évêques s’élèvent contre la campagne « mon corps, mon choix, mon droit »

Par Coline Garré
- Publié le 01/10/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

La Conférence des évêques de France (CEF) se déclare hostile à la campagne d’information que vient de lancer le gouvernement en faveur du droit à l’avortement, dans laquelle elle voit un signe de « banalisation d’un acte pas banal ».

« La campagne insiste sur la liberté basée sur l’information; la CEF déplore que cette information fasse l’impasse sur la vie que porte une grossesse », écrit le porte-parole des évêques, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, dans un communiqué qui cite le point 120 de l’encyclique « Laudato Si » du pape François (« Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible (...) avec la justification de l’avortement »).

En outre, souligne la CEF, « le site internet (ivg.gouv.fr) qui accompagne la campagne prétend que "le droit à l’IVG est unanimement soutenu par les Français": c’est une contre-vérité qui bafoue la liberté de très nombreuses personnes de penser différemment ».

Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, ancien médecin, et membre du conseil famille et société de la CEF, prône l’éducation. « On constate 220 000 avortements par an en France sans qu’il y ait la moindre régression. Il avait été question d’éducation des jeunes pour favoriser la diminution de ce chiffre, mais on ne voit rien arriver ». Il demande un accompagnement des femmes : « L’avortement a beaucoup de conséquences psychologiques. Les femmes se plaignent, leur souffrance existe : où est-elle entendue ? ». « Aujourd’hui on fait comme si les parents n’étaient pas concernés par un acte aussi grave », regrette-t-il encore.

La CEF note que cette campagne gouvernementale intervient alors que des « mesures inquiétantes sont proposées » dans le projet de loi Santé, citant « la fin du délai obligatoire d’une semaine » entre la consultation médicale et l’interruption volontaire de grossesse.

Les évêques s’inquiètent enfin d’une possible intégration du nombre d’IVG dans les contrats d’objectifs des agences régionales de santé (ARS). « On risque de remettre en cause la question de l’objection de conscience des médecins, sages-femmes et infirmières pour répondre aux quotas », estime Mgr Aupetit.