Inégalités de santé : quand des médecins défendent la coercition, la capitation... et les ARS

Publié le 15/10/2013
1381843132463353_IMG_113305_HR.jpg

1381843132463353_IMG_113305_HR.jpg
Crédit photo : S. TOUBON

L’association des Semaines sociales de France (SSF*) s’interroge sur la façon de « mieux dépenser pour la santé de tous », dans un rapport éponyme rendu public lundi. Dressant le constat d’inégalités sociales et territoriales de santé majeures (espérance de vie, mortalité, accès aux soins, efficience de la prise en charge..), SSF avance plusieurs propositions, parfois radicales, pour améliorer la situation.

Sur la démographie, l’association met en question le bien-fondé de la libre installation des médecins libéraux. En sus de mesures incitatives, SSF propose de contrer la désertification « par imposition » (préféré à coercition) : « dans telle zone, les médecins auraient la possibilité de se conventionner, dans telle autre, non », précise le Pr Mathieu Monconduit, hématologue, ancien directeur d’un centre de lutte contre le cancer.

Forfaits et capitation

Autre piste, la disparition du paiement à l’acte, système « qui confine à l’absurde » pour le Pr Didier Sicard, anciennement à la tête du service de médecine interne de l’hôpital Cochin (Paris) et du Comité consultatif national d’éthique. « Nous vivons dans un pays où la consommation de médicaments découle directement du paiement à l’acte », s’agace-t-il. Le Pr Sicard prône « le retour à la médecine de la personne » et un système de santé fondé sur la forfaitisation et la capitation.

Côté patients, l’association estime que la généralisation du tiers payant, « qui n’est pas une mauvaise chose en soi » a des effets inflationnistes (en raison d’une déresponsabilisation). Ses membres y sont défavorables.

Enfin, SSF encourage les professionnels à « faire plus confiance aux agences régionales de santé » et souhaite leur attribuer davantage d’autonomie via un financement délégué. « La frilosité dans la délégation de pouvoirs aux ARS est un problème majeur », conclut le Pr Sicard.

* L’association se propose de porter dans le débat public le témoignage de la pensée chrétienne. Le groupe de travail se compose de professionnels de santé acteurs du médico-social, usagers et institutionnels.

 A. B.-I.

Source : lequotidiendumedecin.fr