« Love and fish »

Indigeste et trop convenu

Publié le 14/09/2004
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On est déçu, il faut bien l'avouer, par cette pièce mal construite du très sympathique et très touchant dramaturge américain Israël Horovitz. Pourquoi cette vieille forme ? Dans une usine où l'on conditionne du poisson surgelé, la situation économique mauvaise va conduire au désastre, à la fermeture. Mais la pièce ne traite pas vraiment ce problème. Elle est psychologique plus que politique. Il y a un directeur lâche qui pratique volontiers harcèlement sexuel et harcèlement moral, un employé brave et seul, une inspectrice rigide mais paumée et pas moins de six ouvrières, échantillon d'une petite société reconstituée très artificiellement par l'auteur. L'aînée, qui est là depuis au moins trente ans, comme sa mère l'avait été. Il y a sa fille, elle est enceinte et accouchera sur place vers la fin de la pièce, il y a ses camarades, toutes malheureuses dans la vie, mal aimées, sans espoir.
C'est très conventionnel. Tout le monde parle mal, avec force gros mots. On crie, on s'invective, on en vient aux mains très facilement. C'est long, c'est lourd. Et malgré tous les talents réunis, le louable effort des filles pour défendre leurs personnages, le spectacle n'est pas convaincant.
On ne comprend pas que Marie-France Santon qui a traduit la pièce « Love and Fish » ne l'ait pas allégée et on ne comprend pas plus que Régis Santon, qui la met en scène, n'ait pas cherché un mouvement plus vif, moins de redites. Vraiment, on est désolé, mais il y a là, pour le moment, quelque chose d'indigeste, de trop convenu. On mentirait si on disait autre chose.

Théâtre Silvia-Monfort, à 20 h 30 du mardi au samedi, à 16 h le dimanche (01.56.08.33.88).Durée : 1 h 50 sans entracte. Jusqu'au 31 octobre.

Le Quotidien du Mdecin

Source : lequotidiendumedecin.fr: 7590