C'est vous qui le dites

« Il faut une vraie grève, que ça fasse mal »

Publié le 31/01/2015
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Coup de gueule, avis d’expert, coup de cœur ou témoignage... La rédaction du « Quotidien » distingue chaque semaine un ou plusieurs commentaires, parmi les centaines postés au fil des jours par les lecteurs internautes.

 

La grève administrative fera-t-elle plier le ministère de la Santé ? Non pour ce lecteur qui plaide pour un moyen d’action plus radical…

Mes biens chers confrères. Depuis le début, je suis 100 % d'accord avec vous tous. Mais je n'ai pas fait grève, et je ne vous suis pas dans le blocage des feuilles de soins électroniques. Parce que je suis un salaud ? Oh que non ! Seulement parce que je ne suis pas d'accord avec les moyens d'action : tant que nous répondrons à des réquisitions, nos protestations resteront vaines ; aller soigner les malades avec sur sa veste la mention « médecin en grève », c'est admettre que l'on est des couillons (on n’est pas content mais on plie l'échine et on travaille quand même) ; saturer de travail les techniciens de la sécu, c'est inutile car les personnes au pouvoir s'en foutent (et rient sous cape).
Non, il faut une vraie grève, que ça fasse mal. Zéro médecin, zéro réquisition (ils ne nous mettront pas tous en prison). Zéro médecin de garde aux urgences ou ailleurs. Et quand il y aura eu des dégâts, si graves fussent-ils, ils reconnaîtraient comme évidente notre importance. Et là seulement on nous écouterait : « que voulez vous docteurs pour venir soigner nos mamans et nos enfants ? »
Voyons... Qu’y a-t-il de plus important que les docteurs ? Hein ? Et nous, on se laisse coincer, on reste pris au piège de notre vocation, écartelés entre la déontologie, la morale, le légal. On est des dindons que l'on manipule, bloqués par notre sens des responsabilités.
Pendant ce temps on craque, on est toujours stressés, on « burn out ». On rêve de Suisse, de je ne sais quel poste planqué dans une institution quelconque. Et ça nous rend encore plus malades parce que l'on aime notre métier. Mais ils en profitent, ils nous sucent jusqu'à la moelle. Alors allons-y vraiment, dur de dur. Mettons nous tous en arrêt maladie pour anxio-dépression, hypertension, burn-out, épuisement. À quand le blocage total ? Comment faire ?

 

Posté le 29 janvier 2015 par le Dr J.B B.. Voir tous les commentaires sur le sujet : « Pas de négociation tarifaire : les médecins libéraux claquent la porte de la CNAM »


Source : lequotidiendumedecin.fr