IGAS, redevance, ego : le Pr Lantieri s’explique dans « le Figaro »

Publié le 17/02/2014
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Crédit photo : S. Toubon

Pour la première fois depuis le début d’une enquête de l’IGAS, à la mi-janvier, le Pr Lantieri donne son point de vue sur l’affaire, dans une interview donnée le 14 février sur lefigaro.fr.

Celui qui est connu pour avoir réalisé la première greffe totale de visage en 2010 est, depuis le mois d’avril 2013, souvent cité par les médias pour des sujets qui n’ont rien de scientifique. D’abord mis en cause pour avoir refusé de verser à l’hôpital Henri-Mondor, la redevance à laquelle il est soumis dans le cadre de son exercice libéral, il est maintenant confronté à une enquête menée par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur son service de chirurgie réparatrice à l’hôpital Georges-Pompidou. Un patient a porté plainte contre un médecin qui lui aurait proposé un paiement au noir pour une lipoaspiration. Selon Laurent Lantieri qui a discuté avec ce médecin, ce dernier serait innocent. Dans « le Figaro », le Pr Lantieri soutient cependant que l’enquête est légitime. « Je suis redevable envers mes patients de la qualité des soins prodigués dans mon service par mes collègues, et la qualité comprend non seulement l’acte technique, mais également l’aspect relationnel. (…) J’ai confiance en les enquêteurs de l’IGAS car ils sont indépendants. »

« Grande Gueule »

Par ailleurs, le chirurgien qui avoue gagner 140 000 euros nets annuels, affirme s’acquitter de sa redevance à l’hôpital Henri-Mondor, après avoir réglé le conflit qui l’opposait à la direction de la structure. Il déplore cependant le bruit que cela a créé, relevant que certains de ses collègues ont « plusieurs années de retard dans le versement de leur redevance ». « On m’a ennuyé avec cette histoire parce que je suis une grande gueule. »

Depuis son arrivée à l’hôpital Georges-Pompidou en janvier 2012, le Pr Lantieri explique de plus devoir faire face à des tensions avec le secteur orthopédique qui le taxe de faire de la « chirurgie Sephora ». Il se défend : 85 % de l’activité de son service concerne la chirurgie réparatrice suite à des cancers ou des neurofibromatoses notamment, prise en charge par l’Assurance-maladie sans entente préalable, contre seulement 5 % des actes non pris en charge, tels que la rhinoplastie, le lifting et les implants mammaires, affirme-t-il. « En réalité, poursuit-il, la vraie question qui se pose derrière cette appellation péjorative est : y a-t-il une place pour la chirurgie plastique à l’hôpital ? Je pense évidemment que oui. » Libéral, mais pas trop, il affirme qu’il s’agit de sortir du privé, sans permettre pour autant que l’hôpital public ait tous les droits. « Ce qui m’intéresse, c’est le service du public, et pas la structure. » Concernant les critiques sur son ego surdimensionné, il répond simplement : « Bien sûr que j’ai un ego ! Il en faut quand on est chirurgien pour rentrer dans le corps des gens ! »

Anne-Marie Udala

Source : lequotidiendumedecin.fr