Ichtyose : une mutation identifiée grâce au Golden retriever

Publié le 16/01/2012
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Crédit photo : AFP

Les ichtyoses (du grec ichtyus qui signifie poisson) regroupent un ensemble hétérogène de dermatoses génétiques, caractérisées par une desquamation anormale sur tout le corps.

Tandis que l’ichtyose vulgaire autosomique est une maladie fréquente et modérée, d’autres formes sont des maladies congénitales rares, telles les ichtyoses congénitales récessives autosomiques (ICRA) dont la forme très sévère de l’ichtyose arlequin. La cause génétique des ICRA a été déterminée pour 80 % des individus affectés, avec 7 gènes impliqués à ce jour.

Afin d’identifier d’autres causes génétiques d’ichtyoses humaines, et étant donné la difficulté à rassembler suffisamment de familles affectées d’une même entité clinique, Grall et coll. se sont intéressés au Golden retriever, une race canine affectée d’une ichtyose lamellaire ressemblant aux ichtyoses congénitales récessives autosomiques humaines. Ce travail a été dirigé par le Dr Catherine André (CNRS-Université de Rennes, France) et le Dr Judith Fischer (CEA d’Evry, en France, et Université Clinique de Fribourg, en Allemagne).

Chez 40 Golden retriever (20 chiens affectés et 20 chiens témoins), Grall et coll. ont identifié une mutation causale dans le gène PNPLA1, qui n’avait pas encore été mis en cause dans une maladie.

Les chercheurs ont ensuite séquencé ce gène dans 10 familles consanguines atteintes d’ICRA et présentant une homozygotie de la région 6p21 contenant le gène PNPLA1. Des mutations du gène ont été découvertes dans deux familles, chez 6 membres affectés d’ICRA. Ces 6 individus étaient des « bébés collodion », c’est-à-dire sévèrement affectés dès la naissance.

La découverte du gène PNPLA1 chez le Golden retriever a donné lieu à un dépôt de brevet au nom du CNRS et de l’université de Rennes 1, et une licence internationale a été octroyée à Antagene pour la commercialisation d’un test génétique pour le diagnostic et le dépistage, afin d’aider à une meilleure gestion de l’élevage. Cette maladie s’est rapidement répandue dans la race dans les années 1980, suite à l’utilisation de chiens atteints pour la reproduction ; la fréquence de la mutation dans cette race est estimée à 50 %, avec 40 % de chiens porteurs, 30 % de chiens atteints et 30 % de chiens sains.

«Nature Genetics », 15 janvier 2012, Grall et coll.

Dr VÉRONIQUE NGUYEN

Source : lequotidiendumedecin.fr