Homéopathie : ni remboursement, ni enseignement ! Le carton rouge des Académies de médecine et de pharmacie

Par Loan Tranthimy
Publié le 27/03/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
Académie nationale de médecine

Académie nationale de médecine
Crédit photo : S. Toubon

C'est une nouvelle bataille importante gagnée par les adversaires de l'homéopathie remboursée et enseignée.

Alors que la Haute Autorité de santé (HAS) doit rendre son avis en juin sur le bien-fondé du remboursement de l’homéopathie – le gouvernement venant de publier le décret relatif aux conditions d'évaluation et de prise en charge par l'assurance-maladie de médicaments homéopathiques – l’Académie de médecine a adopté un communiqué corédigé avec l'Académie de pharmacie, qui se prononce explicitement contre l'homéopathie, a révélé « Le Figaro ».

Par 58 voix pour (16 contre, 8 abstentions), les académiciens ont voté non seulement en faveur de la fin du remboursement de l'homéopathie mais aussi de son enseignement dans les facultés de médecine et de pharmacie. L'Académie de pharmacie doit voter à son tour sur ce communiqué ce jeudi.

Ce texte affirme que « l’état des données scientifiques ne permet pas de vérifier les principes de l’homéopathie. Les méta-analyses n’ont pas permis de démontrer une efficacité des préparations homéopathiques ». Selon « Le Figaro », les académiciens souhaitent que la qualification de « médecine alternative » ne s'applique plus à cette pratique, a fortiori pas non la qualification de médecine.

Virulente

Même si un cap supplémentaire est franchi, ce n'est pas la première fois que les académiciens montent au front contre l'homéopathie. En décembre, 131 membres des Académies des sciences, de médecine et de pharmacie avaient cosigné une tribune virulente dans « L'Express ». « Non, l'homéopathie n'est pas un médicament actif », « Non, l'homéopathie n'est pas plus efficace qu'un autre placebo », « Non, l'homéopathie ne saurait invoquer un effet thérapeutique », écrivaient les signataires. 

L'Académie de médecine n'a guère varié dans ses positions depuis 2004. Interrogée à l'époque par l'Ordre sur l'aspect scientifique de l'homéopathie, elle avait indiqué que cette « méthode imaginée il y a deux siècles à partir d’a priori conceptuels dénués de fondement scientifique ».

Le collectif Fakemed, qui promeut une médecine basée sur les preuves scientifiques et combat les thérapies alternatives dont l'homéopathie, a aussitôt salué cette décision sur les réseaux sociaux.