Hépatite C : des résultats avec le sofosbuvir chez des patients difficiles

Publié le 29/08/2013
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Une étude publiée dans le JAMA ajoute des données sur un traitement de l’hépatite C par sofosbuvir et ribavirine, sans interféron. Les nouveaux résultats montrent un taux élevé de réponse virologique soutenue chez une population de patients traditionnellement mauvais répondeurs au traitement, porteurs d’une fibrose hépatique.

Différentes études récentes ont montré des résultats très intéressants dans le traitement de l’hépatite C par l’association sofosbuvir (classe des antipolymérases) et ribavirine. Ils montraient une réponse virologique de 80 % maintenue à 12 semaines et cela sans qu’il soit nécessaire de donner de l’interféron, dont les effets secondaires sont pénibles (fatigue intense, syndrome grippal, troubles psychiatriques). Mais les sous-groupes ayant un plus mauvais pronostic et qui répondent mal au traitement ont été jusque-là sous-représentés.

60 malades au stade de fibrose

Anuoluwapo Osinusi et coll. (National Institute of Health, Bethesda) rapportent l’évaluation d’un groupe de 60 patients souffrant d’une hépatite C au stade de la fibrose hépatique. Dix participants, ayant une fibrose précoce et modérée ont été traités par sofosbuvir (400 mg/j) et ribavirine (dose selon le poids) pendant 24 semaines. Un groupe de 50 patients porteurs de fibrose à tous les stades a été randomisé en deux sous-groupes, pour recevoir du sofosbuvir à la dose de 400 mg/j et de la ribavirine, soit à une dose calculée selon le poids, soit à une faible dose fixe, pendant 24 semaines. Quatre-vingt-trois pour cent des participants étaient noirs, 66 % des hommes et 23 % porteurs d’une maladie hépatique avancée.

Les résultats montrent une suppression virale chez 96 % des participants à la semaine 4. Une rechute a été observée chez 7 participants du groupe ribavirine donné selon le poids, et 10 du groupe ribavirine à dose basse. Ce qui donne des taux de réponse virologique soutenue à la 24e semaine (SVR24, l’un des principaux critères de jugement) de 68 % dans le premier groupe et de 48 % dans le deuxième. Avec donc une appréciation plus favorable pour la ribavirine dosée selon le poids du patient.

Bonne tolérance

La tolérance du traitement a été bonne, sans nécessité d’interruption ni décès qui lui soit attribuable.

Les effets secondaires relevés sont : céphalées, anémie, fatigue et nausées, d’intensité légère à modérée.

Les auteurs notent les facteurs à l’inclusion qui sont associés à une rechute : sexe masculin, atteinte avancée du foie et taux élevé d’ARN du VHC.

En France, une demande d’AMM pour le sofosbuvir a été déposée auprès de l’EMEA par les laboratoires Gilead. Et dans l’intervalle, une ATU (autorisation temporaire d’utilisation) devrait être accordée prochainement.

JAMA, 28 août 2013.

 Dr BÉATRICE VUAILLE

Source : lequotidiendumedecin.fr