Grippe en pleine activité et efficacité modérée du vaccin, les gestes de protection rappelés

Par Dr Irène Drogou
Publié le 07/02/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
grippe masque

grippe masque
Crédit photo : PHANIE

Après s'être généralisée à l'ensemble des régions la semaine dernière, l'épidémie de grippe s'intensifie en métropole et démarre aux Antilles, annonce Santé publique France (SPF). Environ 1 100 décès tous âges confondus sont attribuables à la grippe depuis le début de la surveillance et tous les indicateurs de l'activité grippale (consultations chez les médecins généralistes, passages aux urgences, hospitalisations) sont en augmentation, est-il détaillé.

Très forte augmentation des hospitalisations

Parmi plus de 12 000 passages aux urgences pour grippe la semaine dernière, 1 823 ont été hospitalisés (+70 %), selon le réseau Oscour. Ces hospitalisations concernent principalement les 75-ans ou plus (43 %) et les enfants de moins de 5 ans (15 %). Plus généralement, la part des hospitalisations pour syndrome grippal est de 30/10 000 hospitalisations, un chiffre « en très forte augmentation », souligne SPF.

Efficacité vaccinale modérée à faible

Ce bulletin épidémiologique hebdomadaire dédié à la grippe donne les premières estimations de l'efficacité vaccinale, qui se révèle « modérée contre le virus A(H1N1)pdm09 et faible contre le virus A(H3N2) ». La co-circulation de ces deux virus est par ailleurs confirmée, la répartition en ambulatoire révèle que le virus A(H3N2) est majoritaire (55%) par rappport au virus A(H1N1)pdm09 (38%), le reste étant en cours de sous-typage. D'après le Réseau Sentinelles, SPF estime une efficacité vaccinale chez les sujets à risque de 59 % contre le virus A(H1N1)pdm09 et de 19 % contre le virus A(H3N2).

Importance des gestes de protection

Dans ce contexte, l'importance des gestes de protection face aux virus de l'hiver est rappelée (mouchoir à usage unique, port de masque jetable), « se laver les mains, tousser dans sa manche, éviter de postillonner », a pris le soin de détailler la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur Europe 1. « Le problème est que chaque vaccin est un pari, a-t-elle développé, on est obligé de parier sur les souches qui vont circuler, six mois avant que le virus apparaisse dans le monde. Donc, de temps en temps, le pari est gagné, de temps en temps il est moyennement gagné et parfois pas du tout. » Les estimations seront affinées dans les semaines à venir.


Source : lequotidiendumedecin.fr