Grève des internes : le mouvement concentre sa colère sur les mutuelles

Publié le 20/11/2012
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Crédit photo : S. Toubon

Moitié moins que la semaine passée (1800 selon la police, 3000 selon les organisateurs), les internes ont manifesté ce mardi à Paris contre la politique du gouvernement. Les organisateurs ont bien briefé leurs troupes : il ne faut plus se disperser dans des revendications multiples.

Désormais, la proposition de loi 296 sur les réseaux de mutuelles est la seule et unique préoccupation des manifestants. Les nombreuses banderoles et pancartes le prouvent : « Les médecins vous soignent, les mutuelles vous saignent », « Mutuelles au pouvoir = patients au désespoir », « Système à l’américaine = patients à la peine » sont les slogans les plus plébiscités.

Le texte déposé par les députés socialistes autorise les mutuelles à mieux rembourser les adhérents qui font le choix de « recourir à un professionnel […], un établissement […] ou un service de santé membre d’un réseau de soins » lié aux mutuelles par un contrat.

Parodies et caricatures

En quatrième année d’endocrinologie, Nathalie est montée de Poitiers « pour dénoncer la privatisation de la santé ». Dans sa main gauche, une grande fourche sur laquelle est empalé un dauphin en peluche, « le symbole de la MAAF », s’amuse-t-elle. À sa droite, une de ses consœurs a cloué au pilori une poupée de chiffons affublée d’une robe blanche à pois verts. « C’est Cerise, de Groupama », explique Nathalie.

Un peu en retrait du cortège, Delphine, en deuxième année de radiologie à Bordeaux, distribue des tracts qui exposent les revendications de l’Union nationale des internes en radiologie (UNIR). Elle aussi s’agace de « l’intrusion des mutuelles » dans le système de santé. « S’ils remboursent les soins courants aussi bien que les lunettes ou les dents, on est mal barrés », lance-t-elle.

En fin de journée, une délégation composée des internes (ISNIH), des chefs de cliniques (ISNCCA) et des jeunes pharmaciens (FNSIP) a été reçue par le cabinet de la ministre de la Santé. « La levée de la grève dépendra de l’avancée des négociations sur la modification de la proposition de loi 296, la renégociation de l’avenant 8 et l’amélioration des conditions de travail », expose Julien Lenglet, président du Syndicat des Internes des hôpitaux de Paris (SIHP).

ANNE BAYLE-INIGUEZ

Source : lequotidiendumedecin.fr