Gestion de la CARMF : le Dr Maudrux envoie 577 lettres à l’Assemblée

Publié le 01/10/2013
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Crédit photo : S. TOUBON

Grosse activité épistolaire ces derniers temps pour le président de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF). Après avoir adressé une lettre ouverte aux présidents de la CSMF et de MG-France, c’est aux 577 députés que le Dr Gérard Maudrux vient d’envoyer une petite lettre.

Motif de cette missive : une nouvelle fois l’article 32 du projet de loi garantissant l’avenir et la justice du système de retraite.

Pour contrer les projets de mise sous quasi-tutelle des caisses de retraite des professions libérales, le président Maudrux se bat pied à pied.

Argumentaire

Sa lettre aux députés commence par une question toute rhétorique : « Peut-on faire une bonne loi sur des bases délibérément fausses ? »

Puis Gérard Maudrux abat ses cartes. Sans prendre de gants comme le montrent ces extraits :

- « Certaines caisses sont en déséquilibre : totalement faux. Si on ne prend que les projections tendancielles demandées et fournies au COR [le Conseil d’orientation des retraites, NDLR], toutes les caisses de France le sont naturellement. Ces courbes n’intègrent pas les mesures d’ajustement que nous faisons chaque fois que nécessaire depuis 70 ans, en constituant même des réserves garantissant mieux l’avenir que tous les autres régimes. »

- « Certaines caisses seraient mal gérées : totalement faux. Les caisses de professions libérales ont eu droit à des rapports IGAS dans le but de démontrer très maladroitement la chose. Ils ne permettent pas de conclure sérieusement à des anomalies de gestion (...).  »

- « Les directeurs des caisses libérales seraient trop payés, plus que ceux des autres caisses de Sécurité sociale. Depuis quand fait-on des lois pour une jalousie ? Mon directeur, qui n’est pas le mieux payé, est polytechnicien, énarque, actuaire, et a 30 ans d’expérience (...). »

« Catastrophe industrielle »

En conclusion, le patron de la CARMF place la représentation nationale devant ses responsabilités : « Pourquoi détruire ce qui marche bien pour mettre en place une centralisation technocratique qui a fait la preuve cuisante de son échec ? Allez-vous être à l’origine d’une catastrophe industrielle chez les 800 000 libéraux ? »

Avant d’enfoncer le clou : « Des technocrates en mal de débouchés veulent prendre le pouvoir. Madame, Monsieur le Député, s’il vous plaît, laissez encore un peu de pouvoir aux Français qui n’en ont jamais abusé depuis 70 ans, et qui donnent beaucoup à la société, sans jamais rien lui demander. »

 K. P.

Source : lequotidiendumedecin.fr