Genou des Alpages, médecin et blogueur, baisse le rideau et file à l’étranger

Publié le 18/06/2014
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« Bilan et point final ». Le titre du billet annonce la couleur. Après 3 ans de service, Genou des Alpages (@gendesalp) met fin à son blog. Ce médecin, bien connu de la blogosphère médicale, s’apprête à quitter son cabinet pour exercer à l’étranger.

Pendant toutes ces années, le généraliste de 49 ans partageait sur son blog son expérience de médecin de montagne, ses spécificités liées à l’isolement, ses difficultés, ses satisfactions professionnelles, ses rencontres... Mais voilà, l’enthousiasme a peu à peu cédé la place au découragement. Genou des Alpages s’en explique longuement dans son dernier billet publié vendredi 13 juin.

« Là où je voulais apporter un témoignage positif, j'ai vite dérivé vers une critique en règle de ce qui, à mon humble avis empêche cette pratique telle que je la conçois, écrit le médecin. Il n'est que de parcourir mes précédents billets pour comprendre les raisons de ma colère. Je me suis retrouvé devant une équation impossible à résoudre. »

1,8 fois le SMIC

Le praticien décrit sa « médecine de montagne », une « médecine de haut vol », qui ne se cantonne pas « aux renouvellements d'ordonnances et à un exercice de triage des maladies quotidiennes ». Il plaide pour une pratique polyvalente qui s’appuie sur toute la palette des outils de diagnostics, « radio, échographie de débrouillage, examen de laboratoire, ECG, spirométrie… »

Après sept ans de persévérance, le généraliste se rend à l’évidence : sa pratique est trop chronophage pour des actes « bien trop peu payés par l'assurance maladie ». Malgré des journées à rallonge, des vacances réduites à portion congrue, des week-ends travaillés, des semaines de 55 heures, il ne parvient pas à résoudre l’équation économique.

« Je me suis finalement retrouvé à un rendement horaire à 1,8 fois le SMIC » confie Genou des Alpages qui en vient à la conclusion que « cette pratique de la médecine générale telle que j'ai cru pouvoir la développer, est vouée à l'échec dans les conditions actuelles. Ou plus exactement et plus honnêtement : moi-même, je n'y suis pas arrivé. Ce qui ne signifie peut-être pas que d'autres n'y arriveront pas... ».

Le médecin en veut aux « politiques de tous bords » qu’il accuse de mener une « course à la restructuration de l’offre de soins » qui risque de détruire le tissu sanitaire. Très amer sur le système français, le praticien a donc pris la décision qui s’imposait : partir à l’étranger. Pour voir si l’herbe y est plus verte que celle de sa montagne.

Stéphane Long

Source : lequotidiendumedecin.fr