Fin de vie : une culture médicale difficile à changer

Publié le 29/02/2012
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Crédit photo : Phanie

« Les problématiques sur la fin de la vie ne se limitent pas aux questions sur l’euthanasie », a souligné le Dr Aubry. Le médecin a rappelé que la mission de cette structure, rattachée au ministère de la Santé, « est de faire état des connaissances sur les questions de la fin de vie pour nourrir le débat public et participer à l’élaboration des politiques publiques ». Il a souligné le manque de données objectives : « La France est le pays qui dispose le moins de résultats de travaux de recherche sur cette question. Nous avons des sondages d’opinion réalisés auprès de personnes qui ne sont pas malades. »

Régis Aubry a également affirmé que cette vaste question ne pouvait pas être résolue du seul point de vue médical. « Ce sont des questions de société », a-t-il précisé. « Il y a un risque important d’enfermer ces problématiques dans le strict champ de la médecine. La France est le pays en Europe qui a l’approche la plus médicalisée », a-t-il ajouté.

Formation des acteurs.

Dans son rapport, il expliquait qu’en dépit de trois plans relatifs aux soins palliatifs qui ont permis de développer l’offre en France, « sur le terrain, les pratiques des professionnels de santé ont beaucoup de mal à évoluer ». Depuis 2005 et le vote de la loi Leonetti, seuls 2,6 % des médecins généralistes ont pu bénéficier d’une formation à l’accompagnement de la fin de vie. De même en cinq ans, seuls 15 % des paramédicaux ont reçu une formation. « La formation des acteurs de santé apparaît donc comme un enjeu de première importance », ajoutait le rapport. Devant la commission le Dr Aubry a insisté : « On ne change pas une culture médicale aussi simplement qu’il y paraît. » Selon lui, « il n’est pas étonnant que les médecins et les soignants aient du mal à intégrer les changements car la formation ne les a pas intégrés. » Sur le plan de la culture palliative « et de l’intégration de ces pratiques nous avons un vrai travail de fond à réaliser. Il n’y a pas besoin de beaucoup de moyens, cela demande de l’énergie et un peu de temps », a-t-il souligné.

Les professionnels de santé ne sont pas les seuls à manquer d’information. Le rapport nous apprend que « 2 Français sur 3 ignorent qu’il existe une loi qui interdit l’acharnement thérapeutique. »

CÉCILE RABEUX

Source : lequotidiendumedecin.fr