Dossier

Le généraliste pour dépister la BPCO

Faisabilité de la spirométrie électronique en soins primaires

Publié le 27/04/2015

La spirométrie électronique

(avec transmission des volumes sous forme de courbes sur écran d’ordinateur) présente de nombreux avantages pour identifier la BPCO. Elle permet le diagnostic de la maladie et l’évaluation de sa sévérité dans un cabinet de médecine générale, sans avoir obligatoirement recours à une consultation chez le pneumologue. Elle permet de guider le traitement et des études ont déjà démontré que sa pratique avait un impact sur le sevrage tabagique.

Quatre internes de MG ont été formés à la spirométrie électronique par un pneumologue libéral pendant une demi-journée. Ces internes ont ensuite proposé dans plusieurs cabinets d’Ile-de-France à des patients de plus de 35 ans et fumeurs actifs de revenir pour une consultation de spirométrie. Toutes les spirométries ont été rendues anonymes et relues par un pneumologue expert de l’hôpital Bichat à Paris. Les patients ont été revus également trois mois après la spirométrie afin d’évaluer leur consommation de tabac. 184 patients ont été éligibles et deux tiers d’entre eux sont revenus à la consultation de spirométrie.

Très bonne interprétation des courbes par les MG

La qualité des courbes a été globalement bonne, puisque seulement 8 % d’entre elles étaient ininterprétables (ce qui correspond au taux retrouvé dans les services d’EFR). 91 % des courbes ont été bien interprétées, avec une excellente concordance entre les interprétations de l’interne et celle du pneumologue. L’étude a retrouvé 17,5 % de troubles ventilatoires obstructifs (essentiellement légers et modérés) et 2,5 % d’autres pathologies à explorer par une pléthysmographie chez le pneumologue. Le temps moyen de consultation a été de 19 minutes. Un quart des patients avec une BPCO ne se plaignaient d’aucun symptôme, ce qui prouve, une fois de plus, que la clinique est insuffisante pour le diagnostic. À trois mois, 22 % des patients avaient arrêté ou diminué de plus de moitié leur consommation tabagique.

En conclusion, le médecin généraliste doit être rassuré sur sa capacité à bien réaliser et à bien interpréter les courbes de spirométrie. Et s’il n’existe pas de dépistage organisé de la BPCO, puisqu’on a jamais démontré son efficacité en termes morbimortalité, deux intérêts majeurs plaident cependant en sa faveur : la diminution du tabagisme et la prévention du mésusage des médicaments, en particulier des corticoïdes inhalés.

D’après la communication de la Dr Lucie Bunge, Département de Médecine Générale, Faculté Bichat, Paris

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