EBIXA est un médicament qui agit en modulant la transmission glutamatergique, voie majeure de la transmission cérébrale. Des preuves de plus en plus nombreuses montrent l'implication du glutamate dans les fonctions mentales supérieures. C'est un antagoniste non compétitif des récepteurs Nmda au glutamate. L'affinité modérée de la mémantine constitue la clé de son action dans la démence. La mémantine bloque de façon temporaire le récepteur, régulant ainsi l'effet délétère du glutamate en excès, tout en préservant l'activation physiologique du récepteur Nmda requise pour l'apprentissage et la mémoire. C'est le premier modulateur de la transmission glutamatergique indiqué dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.
Troubles psychocomportementaux.
Le stade modéré de la maladie d'Alzheimer constitue une phase d'état de la maladie. Le tableau déficitaire cognitif est installé avec des apraxies, une désorientation temporo-spatiale, des troubles de la mémoire… auxquels se surajoutent des symptômes psychocomportementaux bruyants telles les hallucinations, les idées délirantes, l'agitation, l'agressivité. Ce stade revêt une importance particulière, d'une part, par le nombre des patients concernés, d'autre part, par «la pente accélérée du déclin clinique», qui conduit l'individu et surtout son entourage à consulter, alors qu'auparavant la maladie était «tolérée». Plus de 1 patient sur 2 (soit 54 %) atteint de la maladie d'Alzheimer ne consulte pour la première fois qu'à ce stade. On estime qu'en France près de 300 000 patients atteints de la maladie d'Alzheimer sont à ce stade où le maintien à domicile devient problématique pour l'entourage et où la vitesse de «détérioration» de la maladie est plus élevée (données cohorte PAQUID).
Prévention de l'aggravation.
Ce stade de la maladie est défini par un niveau de Nmda entre 10 et 20. L'intérêt de la mémantine au stade modéré à sévère est précisé aujourd'hui grâce à de nouvelles données cliniques. Une métaanalyse portant sur des patients atteints d'une maladie d'Alzheimer au stade modéré à sévère (score total < 20) de six études phase III versus placebo sur une durée de six mois (incluant les études en monothérapie et les études chez des patients traités par inhibiteurs de l'acétylcholinestérase à posologie stable) a montré un effet statistiquement significatif en faveur de la mémantine pour les domaines cognitif, global et fonctionnel.
Chez les patients pour lesquels une aggravation concomitante sur les trois domaines était identifiée, les résultats ont montré un effet significatif sur la prévention de l'aggravation. Deux fois plus de patients sous placebo ont eu une aggravation dans les trois domaines cités versus ceux traités sous mémantine. Des bénéfices significatifs sur les troubles du comportement (idées délirantes, agitation-agressivité, irritabilité, instabilité de l'humeur) ont été enregistrés dans le groupe mémantine versus placebo. Enfin, le rapport bénéfice-risque de la mémantine est apparu favorable, avec un bon profil de tolérance. Précisons que la prescription initiale annuelle d'Ebixa, qui élargit les possibilités thérapeutiques dans la maladie d'Alzheimer, est réservée aux médecins spécialistes en neurologie, en psychiatrie, en gériatrie.
D'après une conférence de presse des Laboratoires Lundbeck.
* Emea : European Medicine Agency.
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