Euthanasie : un patient relance le débat au Royaume-Uni

Publié le 12/03/2012

Totalement paralysé et dépendant d’autrui pour sa vie quotidienne, il communique grâce à un tableau électronique ou un ordinateur et qualifie sa vie d’« insupportable ». Tony Nicklinson demande aujourd’hui à pouvoir bénéficier, lorsqu’il le souhaitera, de l’aide d’un médecin pour mourir. Sa femme et ses deux filles d’une vingtaine d’années le soutiennent dans sa démarche. La Haute Cour de justice était appelée à se prononcer sur la recevabilité de sa requête, alors que le ministère de la Justice avait réclamé le rejet de l’examen du cas, au motif que le débat sur l’euthanasie active – aujourd’hui illégale – relève du Parlement. La Haute Cour a jugé que Tony Nicklinson avait le droit de demander « qu’il ne soit pas illégal pour un médecin de mettre fin ou aider à mettre fin à ses jours sur la base de la nécessité » (compte tenu de son handicap majeur). La justice retient aussi l’argument de M. Nicklinson selon lequel le droit au respect de la vie privée, tel que décrit dans l’article 8 de la Convention des droits de l’Homme, comprend aussi le droit à mettre fin à ses jours. En revanche, la Haute Cour a jugé irrecevable sa demande d’un réexamen général de la loi sur l’euthanasie. « La Cour ne doit pas s’engager dans un débat qui relève du Parlement », a souligné le juge. La décision porte uniquement sur la recevabilité. Le cas de M. Nicklinson doit désormais être examiné sur le fond, ouvrant probablement la voie à une longue procédure judiciaire. L’euthanasie et le suicide assisté sont illégaux au Royaume-Uni mais une commission d’enquête a recommandé en janvier un réexamen de la loi par le Parlement, visant à autoriser les médecins à aider les malades en phase terminale à mettre fin à leurs jours.

 Dr L. A. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr