États-Unis : l’échographie pour décourager les candidates à l’IVG

Publié le 20/04/2012

La Virginie a finalement adopté dans une version modifiée la proposition de loi controversée exigeant qu’une échographie soit proposée aux femmes souhaitant avorter. Seules les femmes qui ont subi un viol ou un inceste sont exemptées. La loi doit entrer en vigueur le 1er juillet. Les féministes s’insurgent. « C’est tout simplement une insulte faite aux femmes et aux médecins », déclare à l’AFP Rosemary Codding qui dirige le Falls Church HealthCare Center à Falls Church, en Virginie. « C’est une intrusion totale du gouvernement dans le cabinet médical, avec un seul objectif, continuer à faire honte aux femmes et les rabaisser », poursuit la directrice de ce centre de santé qui réalise un millier d’avortements par an.

En vertu de la loi votée pour « aider les femmes à prendre une décision bien informée », la Virginie fera partie des huit États américains qui obligent une femme désirant un avortement à passer une échographie la veille de l’avortement, et qui imposent à son médecin de lui proposer de voir l’image du fœtus et d’entendre les battements de son cœur pendant que lui-même le décrit. Presque partout, la femme pourra refuser la proposition – mais pas l’échographie elle-même - sous réserve de le stipuler par écrit. Au Texas toutefois, toutes ces contraintes, déjà en place, sont obligatoires.

Cette nouvelle loi est « un obstacle » de plus, a expliqué Tarina Keene qui dirige pour la Virginie l’organisation NARAL, pro-avortement. Le droit à l’avortement accordé il y a 39 ans aux États-Unis est depuis quelque temps dans la ligne de mire des législateurs. Aujourd’hui, 32 États refusent que l’avortement soit remboursé par des fonds publics, 46 autorisent les établissements de santé à refuser de le pratiquer et 19 ont légiféré sur les conseils à donner aux femmes sur les risques de cancer du sein, de souffrance du fœtus ou de dépression en cas d’avortement. D’autres États tentent, pour le moment en vain, de faire reconnaître l’« humanité » de l’embryon et ses droits constitutionnels.

 Dr L. A.

Source : lequotidiendumedecin.fr