Endométriose : une meilleure connaissance de la maladie attendue avec les études épidémiologiques

Par Charlène Catalifaud
Publié le 02/05/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
endométriose

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Crédit photo : Phanie

L'endométriose toucherait environ 10 % des femmes. Toutefois, les causes et l'histoire naturelle de cette maladie restent encore floues, malgré un nombre croissant de publications scientifiques qui lui sont consacrées ces dernières années. L'INSERM fait le point sur les avancées et les enjeux de la recherche.

« L'enjeu est d'améliorer notre compréhension des causes et de la physiopathologie de l'endométriose, des facteurs de risque de la maladie, de son histoire naturelle et de ses conséquences afin de développer une démarche de prévention et à terme une médecine personnalisée de la maladie », estime Marina Kvaskoff, chercheuse INSERM.

Des facteurs de risque établis

Certains facteurs de risque de la maladie sont aujourd'hui bien établis : un faible poids de naissance, un indice de masse corporelle bas, la survenue précoce des premières règles et des cycles menstruels courts. D'autres facteurs sont suspectés comme la prématurité, la consommation d'alcool ou l'exposition à certains polluants. Les études qui portent sur l'association entre polluants et endométriose sont néanmoins contradictoires à ce jour.

« Des projets épidémiologiques dynamiques sont en développement et vont permettre de répondre à un certain nombre de questions dans les prochaines années », avance Marina Kvaskoff.

La chercheuse dirige notamment le projet ComPaRe dédié à l'endométriose. Cette plateforme collaborative permet à des patients atteints de maladie chronique de participer à la recherche en répondant à des questionnaires en ligne sur leur maladie et leur vécu. Lancée en octobre, la cohorte endométriose réunit déjà plus de 8 000 patientes, l'objectif étant de parvenir à 15 000 à 20 000 (les volontaires sont invitées à s'inscrire sur compare.aphp.fr). « Nous recherchons une très grande diversité de profils pour étudier de manière robuste la maladie », explique la chercheuse.

Les données recueillies devraient notamment permettre de mieux comprendre l'évolution des symptômes et des caractéristiques de la maladie au cours du temps et d'identifier les facteurs qui vont mener à une évolution favorable ou défavorable de l'endométriose.

La cohorte de population générale Constances, qui regroupe 200 000 hommes et femmes, comprend également un projet de recherche spécifique à l'endométriose que coordonne Marina Kvaskoff : « ce projet vise à étudier l'épidémiologie descriptive de la maladie et ses facteurs de risque ».

Le champ de la génétique est ouvert

« L'endométriose s'explique à 50 % par des facteurs génétiques et à 50 % par des facteurs environnementaux », indique Daniel Vaiman, chercheur INSERM. Toutefois, l'endométriose n'est pas une maladie monogénique. À ce jour, 14 variants génétiques impliqués dans la maladie ont été identifiés. Toutefois, ils interviennent à un faible niveau : « l'ensemble de ces variants ne permet d'expliquer peut-être que 5 % de la génétique de l'endométriose. Le champ de recherche est ouvert », précise Daniel Vaiman.

Les recherches portent également sur les microARN (petites séquences d'ARN qui circulent dans le sang) en tant que marqueurs de la maladie. Néanmoins, les résultats sont encore très hétérogènes d'une équipe à l'autre. Pour Daniel Vaiman, « les microARN représentent toutefois une piste intéressante pour diagnostiquer et classer l'endométriose, toujours dans l'optique d'arriver à une médecine personnalisée ». Le stress oxydatif, qui augmente dans le sérum des femmes souffrant d'endométriose, est également étudié.


Source : lequotidiendumedecin.fr