En Ile-de-France, le burn out menace autant les infirmières et kinés libéraux que les généralistes

Publié le 25/11/2014
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Crédit photo : PHANIE

62 % des infirmiers et 61 % des masseurs-kinésithérapeutes d’Ile-de-France se sentent personnellement menacés par l’épuisement professionnel, révèle une étude (1) présentée ce mardi par l’Association d’aide aux professionnels de santé et médecins libéraux (AAPml) et les infirmiers et kinés libéraux de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) d’Ile-de-France.

En 2007, la même enquête indiquait que 61 % des médecins généralistes se disaient pareillement menacés (et 53 % des médecins dans leur ensemble).

Excès de paperasserie

Les causes de burn out évoquées par les trois professions font preuve d’un malaise général au monde de la santé, transdisciplinaire et relatif à l’organisation même du système de soins.

La quasi-totalité des répondants à l’enquête de 2014 citent l’excès de paperasserie (87 % des infirmiers, 90 % des kinés) comme première cause de leur épuisement professionnel. Comme les médecins.

Huit kinés sur dix (82 %) se plaignent également de la longueur des journées de travail et du trop grand nombre d’actes quotidiens, tandis que 79 % des infirmiers font face à des patients de plus en plus exigeants.

La charge de travail trop lourde et l’augmentation des contraintes collectives sont citées par 77 % des kinés. Les infirmiers, eux, placent en troisième position (à 77 %) la non-reconnaissance de leur action comme source de burn out.

Reconnaître le burn out comme pathologie professionnelle

Interrogées sur les solutions à développer en matière de prévention, les deux professions souhaitent à plus de 90 % qu’on leur laisse davantage d’autonomie pour exercer leur art. Paradoxe : 80 % des infirmiers et 71 % des kinés aimeraient être mieux protégés au sein du cabinet.

Plus de neuf infirmiers et kinés sur dix estiment que préparer les étudiants à exercer leur futur métier, pendant leur formation, pourrait prévenir le risque d’épuisement professionnel.

98 % des deux professions appellent également à une amélioration de la protection sociale des soignants libéraux. Presque autant (97 % des infirmiers et 93 % des kinés) militent pour la reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel comme maladie professionnelle.

45 suicides de médecins par an

Quelles solutions s’offrent aux soignants ? « Il existe des cliniques spécialisées qui hospitalisent sous anonymat ceux en difficulté, loin de leur lieu d’exercice, indique le Dr Éric Galam, spécialiste de la question. L’Ordre des médecins francilien et le groupe Pasteur Mutualité ont également développé des consultations de prévention pour les professionnels. Des médecins de Toulouse et Lyon ont aussi créé leurs propres solutions. »

Cette année, l’AAPml a étendu à la France entière sa plate-forme d’écoute et de soutien psychologique (2) ouverte aux médecins libéraux d’Ile-de-France en 2004. L’outil est disponible aux infirmières et kinés depuis juin 2014. En dix ans, l’association a comptabilisé 1 200 appels. « À force d’alerter les institutions et les pouvoirs publics, nous avançons petit à petit, indique le Dr Régis Mouries, président de l’AAPml. À Paris, en 2013, nous avons ainsi permis d’éviter deux suicides ». En moyenne, 45 médecins mettent fin à leurs jours tous les ans.

(1) 854 professionnels ont répondu en juin à cette enquête envoyée aux 14 016 infirmiers et kinés libéraux franciliens.

(2) 0 826 004 580 (appel anonyme 24 heures/24 et 7 j/7)

Anne Bayle-Iniguez

Source : lequotidiendumedecin.fr