En 2014, la grève ; en 2015, place à la... « guérilla » !

Publié le 31/12/2014
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Crédit photo : S. Toubon

La semaine de grève des généralistes et spécialistes libéraux s'achèvera ce 31 décembre au soir, avec l'année. Mais pour 2015, leurs syndicats promettent une « guérilla » au gouvernement.

Ce mercredi, les représentants des médecins libéraux se félicitent unanimement d'une « mobilisation extraordinaire tant dans les cabinets que dans les établissements de santé »Pour preuve, selon le président de la CSMF Jean-Paul Ortiz, « les services d'urgence et du SAMU ont enregistré une très nette augmentation d'activité qui dépasse les pics habituels de fin d'année ».

Reste que les syndicats affirment n'avoir rien obtenu, si ce n'est « une oreille plus attentive du ministère » et la promesse de groupes de discussions à la rentrée. « On était conscient qu'on entrait dans mouvement qui serait long. Aujourd'hui, nous allons rentrer dans une guérilla qui va prendre deux formes : le tout papier, pour encombrer les services de la Sécu et des actions coups de poing », annonce le Dr Ortiz.

Quelles modalités ?

Unanimes pour poursuivre le « combat », les syndicats divergent sur les modalités de leur  « grève administrative »« Il s'agit de faire pression sur l'administration pour lui montrer ce que c'est de crouler sous la paperasse, mais pas de pénaliser les patients ni les médecins », assure le Jean-Paul Ortiz.

Son syndicat propose de ne pas utiliser la carte Vitale uniquement si les patients disent ne pas être gênés par un remboursement tardif. « Il suffit de toute manière que chaque généraliste envoie deux-trois feuilles papier par jour pour bloquer le système très vite », explique-t-il.

Pour sa part, le SML, appelle à poursuivre les télétransmissions mais en les doublant d'un duplicata qui forcera les caisses à un regain de travail. Il harangue aussi ses troupes pour participer à deux nouvelles journées de grève lundi 5 et mardi 6 janvier. MG-France appelle quant à lui à « une journée sans cabinet » mardi 6.

Pour tous, la cible reste le projet de loi santé. Les médecins continuent de fustiger une mise sous tutelle des agences régionales de santé, un « démantèlement » de leur métier, la généralisation du tiers payant. Ils réclament par ailleurs des négociations tarifaires.

Marisol Touraine a tout d'abord rouvert la concertation en décembre avec cliniques et médecins. « Elle essaie de diviser les troupes », analyse alors le président du SML, Eric HenryLa stratégie semble payer. Les patrons de cliniques ont renoncé in extremis, le 30 décembre, à leur appel à la grève illimitée à partir du 5 janvier. Ils ont obtenu des garanties de concertation et de réécriture d'un article de la loi sur le service public hospitalier.

Quels gages donnés à la FHP ?

L'hospitalisation privée participe à des missions d'intérêt général (urgences, formation, recherche, accueil social, permanence des soins, etc.), avec notamment 132 services d'urgences accueillant 2,3 millions de patients, soit un quart des patients accueillis chaque année, assure-t-on à la FHP (qui fédère 1000 cliniques et hôpitaux privés). A ce titre, elle peut recevoir des dotations spécifiques, environ 1 % des 8,6 milliards alloués aux établissements de santé.

La future loi, dans sa rédaction actuelle, menaçait les cliniques d'être évincées de ce service public et des fonds dédiés, au motif notamment qu'elles ne devraient plus réaliser de dépassements d'honoraires pour y participer. La question des tarifs fera l'objet d'une concertation en janvier à laquelle sont conviés les syndicats de médecins. Mais ces derniers n'ont pas apprécié le « coup dans le dos » porté selon eux par la FHPLes discussions s'annoncent donc tendues, la CSMF appelle par exemple à « faire barrage à tous ceux qui se coalisent contre leurs intérêts ».

Avec AFP  

Source : lequotidiendumedecin.fr