Emprisonnés en Libye pour avoir transmis le VIH : 1 million pour le médecin, les infirmières amères

Publié le 28/03/2012

Un tribunal néerlandais a accordé au médecin emprisonné en Libye avec cinq infirmières bulgares sous l’accusation d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants dans un hôpital de Benghazi, le versement d’un million d’euros de dommages et intérêts, a annoncé mardi son avocate. « Un tribunal civil néerlandais a accordé à mon client, un médecin palestinien, un million d’euros pour des accusations de tortures et de mauvais traitement durant sa détention en Libye », a déclaré à l’AFP son avocate Liesbeth Zegveld. Achraf Joumma Hajouj, un médecin bulgare d’orgine palestinienne, avait, le 27 juillet 2011, assigné 12 fonctionnaires libyens devant le tribunal civil de La Haye qui a rendu sa décision le 21 mars. Aucun d’eux ne s’est présenté devant le tribunal. « Nous n’avons aucune idée de l’endroit où ils se trouvent », a reconnu l’avocate mais a-t-elle ajouté, « comme ces fonctionnaires travaillaient pour l’État, le gouvernement libyen devrait payer ». Les gouvernements peuvent changer « mais ils restent responsables », a-t-elle ajouté. Le médecin, âgé de 41 ans, vit aujourd’hui aux Pays-Bas. Condamné à mort en 1997 tout comme les 5 infirmières bulgares, il avait vu sa peine commuée en prison à vie sous la pression internationale, ce qui avait ouvert la voie à une extradition. Libérés en 2007, les soignants, ramenés en Bulgarie dans l’avion présidentiel français par l’ex-épouse du président Nicolas Sarkozy, Cécilia, avaient été graciés par le président bulgare. En Bulgarie, les infirmières ont accueilli avec amertume l’annonce du tribunal néerlandais. Alors qu’une enquête visant à identifier les auteurs des tortures est en cours dans ce pays, l’une d’elle, interrogée par l’AFP, a déclaré : « C’est une honte que la Bulgarie n’ait pas fait cela avant les Pays-Bas. La justice néerlandaise a montré comment il faut agir. Notre pays devient ridicule aux yeux de l’Europe et notamment de la France qui nous a libérées ».

 Dr L. A.

Source : lequotidiendumedecin.fr