Données de santé : les Français n’ont pas pleinement confiance en la Toile

Publié le 01/07/2014
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En 2017, un utilisateur de smartphone sur deux aura installé une application santé ou bien-être, soit 3,4 milliards de personnes dans le monde, affirme la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) dans son rapport sur les données personnelles. En France, déjà 7 millions de personnes ont cédé à la tendance. En toute confiance ?

Pas vraiment. Plus de 30 % des Français sont très inquiets (8 %) ou plutôt inquiets (23 %) quant à l’utilisation des données personnelles sur Internet. 43 % sont confiants, tandis que 22 % n’y ont jamais songé, révèle l’enquête « parler de santé sur le web, quelle(s) conséquences », co-initiée par la Chaire Réseaux sociaux de l’Institut Mines Telecom, Doctissimo, et autres associations*.

Cette angoisse naît à l’idée que ces données puissent être lues ou utilisées à leur encontre par un assureur (39 %), leur employeur (36 %), une mutuelle (27 %) ou l’assurance-maladie (21 %).

Les Français sont dans le flou quant à savoir ce qu’il advient de leurs données. 43 % pensent qu’elles sont analysées par des logiciels et 58 % qu’elles sont soumises à la lecture d’employés de forums, blogs, ou réseaux sociaux. Une majorité (57 %) juge possible la récupération de leurs données postées sur le Web.

Confiance dans le médecin traitant et les organismes publics

Conséquence de cette inquiétude : les Français ne sont pas prompts à stocker ou publier leurs informations de santé sur des éditeurs qui garantissent pourtant le maintien de la confidentialité – seulement 9 % y sont prêts –, un éditeur de logiciel santé ou grand public (respectivement 7 % et 2 %), un opérateur de télécommunication ou un fournisseur d’accès à Internet (0). Ils témoignent en revanche toute leur confiance dans leur médecin traitant (cité par 59 % des sondés), les associations de patients (55 %), les établissements de santé (42 %) les professionnels de santé, ou les pouvoirs publics. Et 2 personnes sur 10 refusent de stocker leurs données sur un ordinateur.

Enfin, 70 % des Français souhaitent que les données soient anonymisées et que leur accord soit demandé lors de l’inscription ou du téléchargement d’une application, et de leur usage.

* LauMa communication, Patients & Web, Renaloo, vivre sans thyroïde, etc. Enquête auto-administrée sur le web du 17 avril au 6 juin 2014, via les forums de Doctissimo et les sites Web des organismes participants, auprès de 2 735 participants dont 848 répondants retenus pour l’analyse, ayant déjà partagé des données de santé sur le Web.

Coline Garré

Source : lequotidiendumedecin.fr