DMP : 500 millions d’euros engloutis en dix ans

Publié le 06/01/2014
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Crédit photo : S. TOUBON

Le montant total des financements alloués à l’élaboration du dossier médical personnel (DMP) depuis 2004 s’élève à 500 millions d’euros, énonce sans détour le Conseil national pour la qualité et la coordination des soins, dans une note interne révélée par « le Parisien ».

Composée de représentants de l’assurance-maladie, des professionnels de santé, des établissements de santé et médico-sociaux et du ministère, cette institution gère le fonds d’intervention pour la qualité et la coordination des soins (FICQS), enveloppe de 45 millions en 2012, dont près de 80 % sont consacrés au DMP.

Ce chiffre symbolique de 500 millions d’euros fait écho aux estimations alarmistes de la Cour des comptes sur le coût du DMP. En février 2013, les Sages pointaient dans un rapport au vitriol les « défaillances » du DMP, « l’absence de suivi financier précis et l’impossibilité à consolider le montant des fonds publics considérables consacrés » au développement du dispositif.

La Cour ne manquait pas de noter une autre absence, celle « particulièrement anormale et préjudiciable » de stratégie dans la mise en place du système.

« Le développement et la mise en place de dossiers médicaux personnels sous différentes formes a vraisemblablement coûté plus d’un demi-milliard d’euros à fin 2011, essentiellement à la charge de l’assurance-maladie », lit-on.

420 000 dossiers ouverts

Près de 420 000 dossiers sont ouverts à ce jour sur les cinq millions attendus fin 2013, indique le ministère de la Santé. Plus de la moitié seraient incomplets, voire vides.

« La ministre [de la Santé] ayant annoncé une nouvelle stratégie et [nommé] un nouveau directeur de l’ASIP[agence qui gère le DMP, NDLR], on peut enfin espérer qu’un nouveau pilotage politique permettra d’éviter les erreurs », a commenté pour sa part Gérard Bapt, très engagé sur le dossier. Le député socialiste de Haute-Garonne estime à un milliard d’euros le coût du DMP depuis son lancement.

Le DMP « de deuxième génération »promis par Marisol Touraine devrait se concentrer sur les personnes âgées et atteintes de pathologies chroniques.

 A. B.-I.

Source : lequotidiendumedecin.fr