Deux économistes plaident pour un meilleur remboursement des soins de premier recours

Publié le 16/02/2012
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Crédit photo : S. Toubon

« Les soins spécialisés sont en général plus onéreux que les soins primaires. Plus la fonction de pilotage de la médecine générale est efficace, plus le système est efficient. Cela permet d’obtenir de bons résultats à moindre coût. C’est ce qui justifie le gatekeeper, le contrôle de l’accès aux soins spécialisés, hors l’urgence, par les soins primaires », a indiqué Gérard de Pouvourville, professeur de la chaire ESSEC Santé. Alors que les études se succèdent pour présenter les difficultés financières d’accès aux soins de certains patients, le polytechnicien s’est déclaré favorable à « une couverture à 100 % des soins primaires ».

À deux mois de l’élection présidentielle, Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences Po, a pour sa part interpellé les candidats. « Nous sommes à un moment crucial pour l’évolution du système de santé. Compte tenu de l’évolution de la démographie médicale et de la situation économique, beaucoup de choses vont se jouer dans les deux ans qui viennent. C’est maintenant qu’il faut agir ».

L’auteur du manifeste pour une santé égalitaire et solidaire (avec André Grimaldi, François Bourdillon, Frédéric Pierru et Olivier Lyon-Caen), appelle à une « gestion plus rationnelle des soins ». « Aujourd’hui, l’Assurance-maladie rembourse seulement 55 % des soins courants quand elle remboursait à hauteur de 80 % à sa création. La réalité est que des gens empruntent pour avoir une complémentaire santé. » Didier Tabuteau souhaite un retour au taux de 80 % de remboursement par l’Assurance-maladie. Il soulève également la question d’un régime complémentaire obligatoire qui permettrait selon lui d’éviter la « sélection du risque, dérive du système ».

Une « gestion plus active du panier de soins » est également nécessaire, estime l’économiste. Didier Tabuteau préconise de rembourser à hauteur de 80 % les traitements efficaces ou « pas du tout », ceux qui ne le sont pas. « Tout autre taux de remboursement n’a aucun sens », clame-t-il.

 CHRISTOPHE GATTUSO

Source : lequotidiendumedecin.fr